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Entre fatalité technique et colère citoyenne : le débat électrique qui secoue Nouakchott

Entre fatalité technique et colère citoyenne : le débat électrique qui secoue Nouakchott

L’argument officiel : une panne électrique banale sous haute surveillance

Face aux coupures d’électricité récurrentes qui plongent la capitale mauritanienne dans le noir, le pouvoir adopte une posture de réassurance technique. M. Baba Begnoug, conseiller à la Primature, est monté au créneau sur ses réseaux sociaux pour dédramatiser la situation. Selon lui, ces pannes ne sont que des « incidents techniques ordinaires » qui surviennent à l’échelle mondiale.

L’administration insiste sur la rapidité de la réaction : la Société Mauritanienne d’Électricité (SOMELEC) et ses équipes sont mobilisées depuis les premières minutes pour rétablir le courant, promettant même un service « meilleur qu’auparavant ». Cette gestion de crise se déroulerait sous le suivi direct du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Pour les autorités, chercher des responsabilités politiques derrière ce dysfonctionnement relève d’une tentative de déstabilisation malveillante qui ne saura tromper l’opinion publique.

Le ras-le-bol d’une population privée de services élémentaires

Pourtant, sur le terrain, cette rhétorique du « simple incident technique » peine à convaincre. Pour les habitants et les commerçants de Nouakchott, l’accumulation de ces défaillances traduit un problème structurel bien plus profond qu’un simple aléa matériel.

Impact économique direct : rupture de la chaîne du froid pour les commerces de proximité, arrêt des ateliers et pertes financières sèches pour les petits entrepreneurs.

Dégradation du cadre de vie : chaleur suffocante subie sans ventilation ni climatisation, et perturbations de l’approvisionnement en eau dans plusieurs quartiers.

Crise de confiance : l’argument du « cela arrive partout » est perçu comme une esquive face au manque d’investissements durables dans la modernisation du réseau national.

Alors que le discours officiel appelle à la patience et dénonce la récupération politique, les citoyens attendent des actes formels : une infrastructure électrique fiable, capable de garantir la continuité d’un service public fondamental.

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