Tension diplomatique : la Mauritanie convoque l’ambassadeur du Mali
Suite à des incidents à Bamako et des menaces contre ses commerces, la Mauritanie hausse le ton et convoque l'ambassadeur du Mali. Appel à la prudence.
Regain de tension diplomatique : Nouakchott convoque l’ambassadeur du Mali après des incidents à Bamako
Par la rédaction
Nouakchott, le 21 mai 2026
Le ton monte d’un cran entre Nouakchott et Bamako. Ce jeudi soir, le ministre des Affaires étrangères a officiellement convoqué l’ambassadeur du Mali en Mauritanie. En toile de fond de cette mise au point diplomatique : des incidents survenus plus tôt dans la journée devant l’ambassade de Mauritanie au Mali, et des menaces directes visant les intérêts économiques mauritaniens.
Une convocation officielle sous le signe de la fermeté
C’est au siège du ministère à Nouakchott que Son Excellence Monsieur Mohamed Salem Ould Merzoug, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur, a reçu d’urgence l’ambassadeur de la République du Mali accrédité en Mauritanie, Son Excellence Monsieur Bakary Doumbia.
Lors de ce face-à-face, auquel assistait également le directeur général de la coopération bilatérale, Monsieur Mohamed Hanchi El Ketab, le chef de la diplomatie mauritanienne a exprimé le « rejet catégorique » de son pays face aux récents agissements constatés à Bamako.
« Le respect des missions diplomatiques et des usages internationaux n’est pas négociable. »
Nouakchott a fermement rappelé à Bamako l’obligation de se conformer aux principes de respect mutuel qui doivent régir les relations entre les deux nations frères, conformément aux conventions internationales en vigueur.
Une manifestation pacifique, mais des propos qui inquiètent
Si les autorités rappellent que la manifestation survenue devant leur ambassade à Bamako est restée pacifique — encadrée par les Forces de sécurité nationale conformément au droit de protestation garanti dans tout État de droit —, c’est le contenu d’un communiqué lié à cet événement qui a mis le feu aux poudres.
Une phrase, perçue comme une menace directe, a particulièrement cristallisé les tensions :
« Si un camion est incendié, nous en ferons porter la responsabilité à un commerce mauritanien. »
Cette rhétorique de représailles économiques et sécuritaires a immédiatement poussé la diplomatie mauritanienne à réagir pour protéger ses ressortissants et ses intérêts transfrontaliers.
Appel à la prudence et responsabilité partagée
Face à ce climat d’incertitude, un message clair de vigilance a été lancé. L’ensemble des citoyens, ainsi que les étrangers résidant ou circulant dans les zones concernées, sont appelés à la plus grande prudence.
Il est formellement recommandé d’éviter les zones de conflit et de ne pas se déplacer seul tard dans la nuit. Les autorités rappellent que dans ce contexte mouvant, « la sécurité est une responsabilité partagée ».
Reste à savoir comment Bamako réagira à cette démarche officielle, alors que la stabilité de l’axe Nouakchott-Bamako demeure cruciale pour l’équilibre sécuritaire et économique de la sous-région.



