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Mauritanie : Le député Insaf Hassane Mohamed brise l’omerta à l’Assemblée

Coup de tonnerre à l’Assemblée nationale de Mauritanie : le député Hassane Mohamed (Insaf) défie la consigne de son parti pour soutenir ses collègues d'IRA condamnées. Un geste de courage politique rare.

Hassane Mohamed: Quand un député d’Insaf refuse de se taire et soutient ses collègues

En Mauritanie, il est rare qu’un élu de la majorité rame à contre-courant de son parti. La discipline d’El Insaf, fort de 110 sièges sur 176, est connue. Depuis février 2024, la consigne est claire : « laisser la justice faire » et ne pas entraver les levées d’immunité parlementaire.

Pourtant, hier à l’Assemblée nationale, le député Insaf Hassane Mohamed a brisé l’omerta. Il a pris la parole pour dénoncer « les atteintes graves » contre les députées IRA Marième Cheikh Dieng et Ghamou Achour, condamnées le 4 mai 2026 à 4 ans de prison ferme au terme d’un procès expéditif de deux heures. Le député Hassane Mohamed demande au Président Ghazouani d’agir au plus vite.

Le courage de ne pas détourner le regard

Là où d’autres auraient croisé les bras comme Néron contemplant Rome en flammes, Hassane Mohamed a choisi de parler. Car c’est bien l’institution parlementaire qui vacille quand l’immunité d’élues de la Nation est piétinée au nom d’une « flagrance » que les avocats jugent anachronique à l’ère d’Internet.

L’opposition dénonce une « chasse contre IRA ». Qu’un député de la majorité reprenne à son compte l’alerte, c’est le signe que le malaise dépasse les clivages. Le « flagrant délit » version années 80, appliqué à des publications sur les réseaux sociaux sans enquête, menace tous les députés. Aujourd’hui IRA, demain qui?

Une fissure dans le monolithe Insaf

El Insaf tient sa session de mai 2026 et martèle vouloir « maintenir un contact étroit avec les bases populaires ». Mais comment parler d’écoute et de progrès social quand des élues sont envoyées en prison pour leurs prises de position? La sortie d’Hassane Mohamed révèle cette contradiction. Elle expose la tension entre la loyauté partisane et la défense du Parlement.

Son geste est d’autant plus notable que le président d’El Insaf avait tranché en 2024 : les députés du parti « n’entraveraient pas le processus judiciaire en refusant de lever l’immunité du député ». Hassane Mohamed, lui, refuse que le silence soit complice.

Affaire à suivre

Pour Rapide info Yahya Niane

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