Direct du 3 Mai 2026 : La Liberté de la Presse au cœur du second mandat (imaginaire)

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, j’ai pu m’entretenir en exclusivité avec El Houssein Ould Meddou, Ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement. Ancien président de la HAPA et figure respectée du journalisme mauritanien, il porte aujourd’hui la lourde charge de moderniser un paysage médiatique en pleine mutation.
« La plume ne doit plus trembler, mais elle doit désormais apprendre à compter et à coder. » — El Houssein Ould Meddou, 3 mai 2026.
Monsieur le Ministre, nous sommes le 3 mai 2026. La Mauritanie a fait des bonds significatifs dans les classements internationaux sur la liberté de la presse ces dernières années. Quel est votre sentiment aujourd’hui ?
El Houssein Ould Meddou : C’est avant tout un sentiment de responsabilité. Nous avons franchi des étapes cruciales dans la dépénalisation des délits de presse et l’assainissement du secteur. Mais la liberté n’est jamais un acquis définitif. Aujourd’hui, mon combat ne porte plus seulement sur la « protection » du journaliste contre la censure, mais sur sa « viabilité » économique. Un journaliste précaire est un journaliste vulnérable.
Vous parlez de viabilité. Le fonds d’aide publique à la presse privée a été restructuré. Est-ce suffisant face à la déferlante des réseaux sociaux ?
E.H.O.M : Le fonds n’est qu’un levier parmi d’autres. L’enjeu de 2026, c’est la professionnalisation. Nous avons lancé cette année l’accélérateur « MediaTech Mauritanie » pour encourager les jeunes journalistes à créer des plateformes numériques innovantes. On ne peut pas lutter contre les fake news par la seule interdiction ; il faut saturer l’espace public avec une information de qualité, vérifiée et produite localement.
Justement, la désinformation est un fléau dans la sous-région. Comment la Mauritanie tire-t-elle son épingle du jeu ?
E.H.O.M : Par l’éducation aux médias. Nous avons intégré des modules de « discernement numérique » dans les écoles de journalisme et même au-delà. Mon ministère travaille en étroite collaboration avec le Parlement pour affiner le cadre juridique sur la cybercriminalité, sans jamais empiéter sur la liberté d’expression. C’est un équilibre chirurgical.
Vous liez souvent Communication et Culture. Pourquoi ?
E.H.O.M : Parce que la presse est le miroir de notre culture. En 2026, promouvoir nos poètes, nos musiciens et notre diversité à travers des médias forts, c’est aussi affirmer notre souveraineté numérique. La Mauritanie a un message à donner au monde, et nos journalistes en sont les messagers.
Monsieur le Ministre, je ne peux clore cet entretien sans évoquer une frustration récurrente dans nos rédactions. Hier, le 2 mai, votre homologue sénégalais, le Président Bassirou Diomaye Faye, s’est prêté au jeu d’une « Grande Interview » en direct face à la presse nationale. Chez nous, le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani privilégie les communiqués ou les médias internationaux lors de ses déplacements. Pourquoi ce mutisme face aux journalistes mauritaniens ? Sommes-nous moins dignes de porter la parole présidentielle ?
El Houssein Ould Meddou : (Un silence pesant, il réajuste sa veste avant de répondre avec un calme étudié)
Votre question est directe, elle est légitime. Comparer n’est pas raison : chaque démocratie a sa propre respiration, son propre tempo. Le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a fait le choix d’une communication de proximité par l’action et par les rencontres de terrain. Il écoute beaucoup, peut-être plus qu’il ne parle devant les caméras.
Cependant, je vous entends. En tant que Ministre de la Communication, je travaille à ce que ce dialogue direct se formalise davantage. Ce n’est pas une question de « dignité » de la presse nationale — en laquelle le Chef de l’État a une confiance totale — mais une question de culture institutionnelle que nous sommes en train de faire évoluer. L’exemple de nos voisins est inspirant, et je peux vous assurer que l’idée d’un grand rendez-vous régulier entre le Palais et la presse locale fait son chemin dans nos réformes de 2026.
AB pour Rapide info
PS: cet entrétien est imaginaire



