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GNL : Pourquoi le marché mondial résiste-t-il au blocage du détroit d’Ormuz ?

Malgré la fermeture du détroit d'Ormuz, les exportations de GNL n'ont baissé que de 6,8 % en mars. Analyse d'un marché qui compense la crise par les USA et l'Afrique.

Par la Rédaction Rapide info| L’actualité stratégique en temps réel
Publié le 2 mai 2026 | Économie & Énergie

Alors que le blocus du détroit d’Ormuz laissait craindre un effondrement du marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL), les données de mars 2026 révèlent une résilience inattendue.

Entre montée en puissance des USA et nouveaux terminaux africains, le marché s’adapte à une vitesse record. Depuis deux mois, le spectre d’une crise énergétique majeure plane sur l’économie mondiale. Les prévisions les plus sombres tablaient sur une chute de 20% des approvisionnements mondiaux en GNL suite à la fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage névralgique pour les exportations du Qatar et des Émirats arabes unis.

Pourtant, contrairement au chaos observé sur le marché pétrolier, le gaz reste étonnamment stable.

Un choc amorti: les chiffres de mars

Les récentes données publiées par le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) pour le mois de mars apportent un éclairage nouveau. La baisse réelle des exportations mondiales n’est que de 6,8% sur un an, soit trois fois moins que l’impact direct redouté de la fermeture du détroit.

L’analyse de l’expert: L’économiste Georgi Angelov souligne que cette stabilité apparente cache une redistribution massive des flux mondiaux. »

Si le blocage d’Ormuz a amputé le marché de 7 millions de tonnes, d’autres acteurs ont immédiatement pris le relais.

Le jeu des vases communicants

Le marché a réussi l’exploit de compenser près des deux tiers de la baisse liée à la crise iranienne dès le premier mois. Cette compensation repose sur une augmentation de 4,4 millions de tonnes provenant de fournisseurs alternatifs.

Région / Pays Impact sur le Marché
Qatar & Émirats Arabes Unis ▼ 7 millions de tonnes
États-Unis & Canada Forte hausse (nouveaux terminaux)
Afrique (Nigéria, Angola, Congo, Sénégal/Mauritanie) ▲ Hausse modérée et nouveaux projets
Russie & Australie Augmentation des capacités

L’axe Sénégal-Mauritanie et l’éveil africain

Pour la Mauritanie, cette crise souligne l’importance stratégique des nouveaux projets gaziers régionaux.En février, la compagnie italienne Eni a lancé la deuxième phase de son terminal au Congo. Plus proche de nous, le géant européen BP a inauguré un nouveau terminal stratégique au Sénégal et en Mauritanie, renforçant le rôle de l’Afrique de l’Ouest comme alternative fiable au gaz du Golfe.

L’Europe, qui n’importe quasiment pas de gaz qatari, se trouve relativement préservée, les baisses de flux étant principalement concentrées sur les marchés asiatiques.

Vers une stabilité durable ?

L’avenir semble prometteur malgré la volatilité actuelle. L’ironie du sort veut que le Qatar lui-même participe à la diversification : le terminal américain de Golden Pass, qui vient de charger sa première cargaison en avril, appartient en partie à l’émirat. Une douzaine d’autres terminaux sont en construction au Canada, au Mexique et aux États-Unis.

Avec l’émergence de nouveaux pôles de production en Australie, au Mozambique et en Argentine, le marché du gaz se dirige vers une concurrence accrue qui devrait favoriser des prix bas à long terme. En attendant, la stabilité mondiale reste suspendue aux développements géopolitiques en Iran.

Source des données : Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), Rapport mensuel sur le marché du gaz, avril 2026.

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