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Mauritanie : Le Patronat rassure sur les stocks et le partenariat Public-Privé

Le président de l'Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNPM) affirme que la Mauritanie dispose de 8 mois de stocks alimentaires. Analyse d'un tournant stratégique entre le gouvernement et le secteur privé pour stabiliser les prix.

Mauritanie : Marché sous contrôle et offensive de charme entre l’État et le Patronat
Par Ahmed Ould Bettar∗

Nouakchott, le 24 mars 2026 – Entre les murs feutrés de la Primature et les projecteurs des conférences de presse, une partition bien orchestrée se joue. Alors que les incertitudes mondiales pèsent sur les chaînes d’approvisionnement, la Mauritanie affiche une sérénité affichée. Le message est clair : les stocks sont pleins, les prix sont surveillés et le partenariat public-privé (PPP) entre dans une ère de « réalisme pragmatique ».

L’assurance du Patronat : huit mois de répit

Face aux micros ce mardi, Zine El Abidine Ould Cheikh Ahmed, président de l’Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNPM), n’a pas fait dans la demi-mesure pour rassurer l’opinion. Selon lui, les silos et les entrepôts du pays ne sont pas près de sonner creux.

« Les réserves alimentaires actuelles couvrent environ huit mois de consommation », a-t-il martelé, précisant que cette stabilité est déconnectée des soubresauts des marchés internationaux grâce à un suivi hebdomadaire rigoureux des fournisseurs.

Même son de cloche du côté de l’énergie. Entre l’arrivée imminente de navires pétroliers et un stock d’un million de bouteilles de gaz prêtes à l’emploi, le spectre de la pénurie semble s’éloigner. Pour le consommateur mauritanien, l’information capitale reste le maintien de la subvention étatique sur le carburant (près de 512 Ouguiyas par litre), un rempart contre l’inflation galopante qui frappe la sous-région.

L’analyse du « Contrat de Confiance »

Cette sortie médiatique du Patronat n’est pas le fruit du hasard. Elle intervient au lendemain d’une rencontre stratégique entre le Premier ministre Moctar Ould Diay et le bureau exécutif de l’UNPM. Ce qui se dessine derrière ces échanges, c’est une volonté politique de transformer le secteur privé en véritable bras armé du développement national, et non plus en simple importateur de biens.

Le Premier ministre a été explicite : le gouvernement est prêt à multiplier les incitations, mais il attend en retour un engagement total du patronat dans les réformes structurelles. La création annoncée d’un mécanisme exécutif pour organiser des « Assises Générales du Partenariat Public-Privé » marque une rupture avec les simples déclarations d’intention. On passe à une phase de contractualisation des objectifs.

Réactions : Entre soulagement et attente au tournant

Si le discours officiel se veut rassurant, l’analyse des réactions dans la rue et chez les observateurs économiques révèle un tableau plus nuancé :

1– Le soulagement des ménages : L’annonce d’une possible baisse des prix grâce à l’abondance de l’offre (notamment le riz et le sucre) est accueillie avec un optimisme prudent. L’appel au « civisme » pour éviter les achats compulsifs est un signal fort envoyé pour stabiliser la psychologie du marché.

2 – Le scepticisme des petits commerçants : Certains détaillants attendent de voir si cette stabilité des stocks se traduira réellement par une fluidité de distribution sur l’ensemble du territoire, au-delà de l’axe Nouakchott-Nouadhibou.

3 – L’œil des analystes : Pour les experts, l’autosuffisance en riz est une victoire symbolique majeure. Cependant, ils soulignent que le véritable défi reste l’extension des capacités de stockage énergétique. Les projets annoncés à Nouadhibou seront le juge de paix de cette ambition de souveraineté.

Se dirige – t– on vers un nouveau paradigme économique ?

En promettant de lever les obstacles rencontrés par les investisseurs nationaux, le gouvernement Ould Diay joue une carte maîtresse. Le Patronat, de son côté, semble avoir compris que son influence dépendra de sa capacité à transformer ces facilités en emplois et en production locale.

La Mauritanie semble vouloir s’offrir un printemps de stabilité économique. Mais dans un contexte de volatilité mondiale, le « mécanisme exécutif » issu de ces rencontres devra prouver sa réactivité dès les premiers signes de tension sur les prix.

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Ahmed Ould Bettar, membre du Réseau des journalistes économistes maghrébins

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