Dialogue national : la mise en garde du président Mamadou Moustapha Bâ contre les discours extrémistes
Dans une tribune publiée le 5 mars 2026, le président Mamadou Moustapha Bâ appelle à préserver le dialogue national et met en garde contre les discours extrémistes qui fragilisent la cohésion sociale et la stabilité politique.
Dans une tribune publiée le 5 mars 2026, le président Mamadou Moustapha Bâ souligne l’importance du dialogue national comme fondement de la stabilité et met en garde contre les discours extrémistes qui menacent la cohésion et la paix sociale.
Préserver le dialogue national face à la montée des discours extrémistes
Dans toute nation, le dialogue constitue le socle de la stabilité et du progrès. C’est par l’échange d’idées, parfois divergentes mais toujours fondées sur le respect mutuel, que se construisent les compromis nécessaires à la paix sociale et au développement. Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui certaines voix choisissent délibérément la radicalité et la surenchère pour fragiliser cet espace commun. Il ne s’agit pas simplement d’opinions tranchées, car la démocratie accepte la pluralité et protège le droit au désaccord. Le problème survient lorsque le débat cède la place à l’hostilité systématique, à la stigmatisation et à la volonté assumée d’empêcher toute recherche de consensus.
Les discours extrémistes prospèrent souvent sur la peur, la colère et la frustration. Ils simplifient des réalités complexes en oppositions artificielles, enfermant la société dans une logique du “eux contre nous”. Ce type de rhétorique peut paraître séduisant dans un contexte de difficultés économiques ou sociales, car il offre des réponses rapides et des responsables désignés. Mais cette simplification a un coût élevé : elle fracture le tissu social et rend toute solution collective plus difficile. Le dialogue national n’est pas un aveu de faiblesse ; il est au contraire l’expression d’une maturité politique et d’une confiance dans la capacité des citoyens à dépasser leurs divergences. Refuser le dialogue, c’est refuser la possibilité même d’un avenir commun.
Lorsque les discours de division prennent le dessus, la confiance s’érode progressivement. Les institutions sont systématiquement discréditées, les adversaires politiques sont diabolisés et les citoyens finissent par se regarder avec suspicion. Or, aucune nation ne peut avancer durablement dans un climat de méfiance permanente. Le développement économique, la justice sociale et la stabilité politique exigent un minimum de cohésion et de respect réciproque. Saborder le dialogue national, c’est affaiblir les fondements mêmes de la coexistence civique.
La responsabilité de préserver cet espace d’échange ne repose pas uniquement sur les dirigeants. Elle incombe à chaque citoyen, à chaque acteur politique et à chaque leader d’opinion. Refuser la désinformation, rejeter les appels à la haine, privilégier l’argument à l’insulte et défendre le droit au désaccord sans nier la légitimité de l’autre sont des attitudes essentielles pour maintenir un climat sain. Le débat peut être ferme et exigeant, mais il doit demeurer respectueux et orienté vers la recherche de solutions.
Face aux défis actuels, notre pays a besoin de lucidité, de sérénité et d’engagement constructif. Ceux qui utilisent volontairement des voix extrémistes pour entraver le dialogue prennent le risque d’affaiblir l’ensemble de la nation. L’histoire enseigne que les sociétés qui progressent sont celles qui savent transformer leurs tensions en débats productifs et leurs désaccords en réformes équilibrées. Préserver le dialogue national n’est ni une posture ni un slogan : c’est un impératif patriotique et une condition essentielle pour bâtir un avenir commun fondé sur la responsabilité et le respect.
Le 5 mars 2026
Président Mamadou Moustapha Bâ



