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Les Gambiens en Mauritanie dénoncent le harcèlement administratif et policier

Gambiens en Mauritanie
Nouakchott –La communauté gambienne résidant en Mauritanie tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de « harcèlement quotidien » de la part des autorités locales. Dans des témoignages recueillis par le journal The Standard, plusieurs ressortissants gambiens évoquent une série de difficultés administratives, d’intimidations policières et de conditions de résidence devenues de plus en plus précaires.

Des tracasseries devenues insupportables

Selon ces témoignages, le climat de tension s’est accentué ces derniers mois. L’un des points les plus fréquemment évoqués est la hausse jugée excessive des frais de permis de séjour, qui dépasseraient désormais les 3 000 ouguiyas, un montant considéré comme prohibitif pour une communauté majoritairement composée d’étudiants, de travailleurs journaliers et d’ouvriers. À cela s’ajoutent les interminables files d’attente pour l’obtention ou le renouvellement des documents, souvent sans résultat.

L’ambassade impuissante face à la crise

« Même les interventions de notre ambassade restent souvent sans effet. Certains d’entre nous sont arrêtés arbitrairement et détenus pendant des heures, parfois des jours, sans justification claire », déplore un étudiant gambien vivant à Nouakchott.

La récente initiative du gouvernement gambien visant à fournir des cartes d’identité à ses ressortissants sur le territoire mauritanien n’a, semble-t-il, pas suffi à apaiser les tensions. Les autorités mauritaniennes exigeraient désormais un passeport pour toute demande de titre de séjour, ajoutant un obstacle supplémentaire pour les migrants, souvent démunis.

« Nous sommes traités comme des intrus, alors que les citoyens mauritaniens vivant en Gambie jouissent, eux, d’un accueil pacifique et de conditions dignes. Où est la réciprocité dans nos relations bilatérales ? » s’interroge un autre migrant, appelant Banjul à réagir fermement.

Un appel à la réciprocité diplomatique

Des voix s’élèvent également pour demander une action diplomatique plus incisive. Certains proposent que l’ambassadeur mauritanien en Gambie soit convoqué pour discuter de la situation. « Il faut que notre gouvernement défende ses citoyens, car ce que nous vivons ici dépasse la simple tracasserie administrative, c’est une vraie souffrance », déclare un doyen de la communauté gambienne.

Face à cette vague de témoignages empreints de frustration, les Gambiens de Mauritanie appellent à une prise de conscience urgente et à une réponse politique adaptée, tant à Nouakchott qu’à Banjul, afin de restaurer le respect mutuel entre les deux peuples.

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