Ukraine : les incidents sur le front se multiplient, Biden « convaincu » que la Russie va envahir le pays

Biden Poutine
Biden Poutine

Ukraine : les incidents sur le front se multiplient, Biden « convaincu » que la Russie va envahir le pays

Le président russe Vladimir Poutine assiste ce samedi à des manœuvres militaires de grande ampleur et à des essais de missiles, au risque d’enflammer un peu plus une situation déjà explosive

Les incidents sur la ligne de front entre l’Ukraine et la Russie s’accumulent cette semaine, alors que les États-Unis se disent convaincus que la Russie a décidé d’envahir l’Ukraine de façon imminente.

Les craintes d’une attaque russe sont à leur comble en raison de la multiplication des violations du cessez-le-feu entre séparatistes prorusses et forces ukrainiennes qui se battent depuis 2014 dans l’est de l’Ukraine, dans un conflit qui a déjà fait plus de 14 000 morts. L’armée ukrainienne a fait état de 66 échanges de tirs de mortiers sur les villes du front jusqu’à 7 heures ce samedi matin, un nombre particulièrement élevé.

Un soldat ukrainien au moins a été tué par un éclat d’obus. Les forces armées ukrainiennes ont toutefois affirmé, dans un communiqué, qu’elles « contrôlent la situation ». Les séparatistes de la région de Donetsk, qui accusent Kiev de vouloir reprendre leur région, ont quant à eux qualifié la situation de « critique » et ont annoncé une « mobilisation générale », de même que leurs voisins de la région de Lougansk.

« Augmentation spectaculaire » des violations

Les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont fait état samedi d’une « augmentation spectaculaire » de ces violations.

L’agence d’État russe Ria Novosti a rapporté vendredi deux explosions, dont celle d’un oléoduc, à Lougansk, ville de l’est de l’Ukraine tenue par les séparatistes. Et les autorités des territoires sécessionnistes prorusses ont ordonné l’évacuation des civils vers la Russie.

Le Kremlin continue de nier toute intention d’attaquer son voisin, mais réclame des garanties pour la sécurité de la Russie, comme le retrait de l’Otan d’Europe de l’Est, ce que l’Occident refuse.

Biden « convaincu » d’un envahissement imminent

Le président américain Joe Biden s’est déclaré « convaincu » vendredi que Vladimir Poutine avait décidé d’envahir l’Ukraine, et que la multiplication des heurts visait à créer une « fausse justification » pour lancer l’offensive dans la semaine ou même les jours qui viennent.

Mais il a laissé la porte ouverte au dialogue. Tant qu’une invasion ne s’est pas produite, « la diplomatie est toujours une possibilité », a-t-il estimé, annonçant une rencontre entre son secrétaire d’État Antony Blinken et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov jeudi prochain. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit de son côté rencontrer samedi à Munich des dirigeants occidentaux, dont la vice-présidente américaine Kamala Harris.

Washington estime que la Russie dispose de 190 000 hommes aux abords de l’Ukraine et sur son territoire, en comptant les forces séparatistes. C’est « la plus grande concentration de troupes militaires » depuis la Guerre froide, a dit le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, jugeant que Moscou était « en mesure, sans autre forme d’avertissement, d’attaquer ».

Le Pentagone a affirmé vendredi qu’entre 40 % et 50 % de ces troupes russes sont « en position d’attaque », et que les heurts sur la ligne de front font partie d’une « campagne de déstabilisation de l’Ukraine » préliliminaire à une invasion.

Le ministère russe de la Défense a annoncé que Vladimir Poutine superviserait personnellement samedi des manœuvres militaires, avec notamment des tirs de missiles balistiques et de croisière capables de porter des charges nucléaires. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a assuré qu’il s’agit d’un « processus d’entraînement régulier ».

Sanctions « dévastatrices »

L’Occident unanime a promis à Moscou des sanctions économiques dévastatrices en cas d’invasion de l’Ukraine. Elles feraient de la Russie un « paria », a encore martelé vendredi un responsable américain.

Mais Vladimir Poutine a de nouveau balayé la menace : « Les sanctions seront introduites quoi qu’il arrive. Qu’il y ait une raison ou pas, ils en trouveront une car leur but est de freiner le développement de la Russie ».

Toute la journée de vendredi, les belligérants dans l’est de l’Ukraine se sont accusés de violer une trêve et d’user d’armes lourdes. Des bombardements se sont encore fait entendre à Stanitsa Louganska, ville sous contrôle ukrainien. Elle avait déjà été visée jeudi par des tirs qui ont notamment touché une école maternelle.

Le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a assuré que la Russie allait « défendre » les « citoyens russes » qui vivent dans les territoires séparatistes en Ukraine si leurs vies étaient « menacées ».

SudOuest.fr avec AFP