Migration : l’Union européenne durcit les visas et accélère les expulsions
L’Union européenne dévoile une nouvelle stratégie migratoire fondée sur le durcissement des visas, l’augmentation des expulsions et une diplomatie migratoire renforcée avec les pays tiers.

Face à la pression politique et à la montée des discours anti-immigration, l’Union européenne durcit sa stratégie migratoire pour les cinq prochaines années. Bruxelles entend désormais utiliser l’accès aux visas comme levier diplomatique, tout en accélérant les expulsions des migrants en situation irrégulière et en renforçant sa coopération avec les pays tiers, notamment en Afrique du Nord et de l’Ouest.
L’UE durcit sa politique migratoire : restrictions de visas et accélération des expulsions
Bruxelles adopte une ligne plus ferme contre la migration irrégulière, en utilisant l’accès aux visas comme levier diplomatique.
Bruxelles – 30 janvier 2026 | 09h23
Par Alexandra Voudouri – Kathimerini (Grèce)
La Commission européenne a présenté jeudi une nouvelle stratégie migratoire pour les cinq prochaines années, marquant un tournant nettement plus restrictif. Au cœur de cette feuille de route : une refonte du régime des visas et un renforcement des expulsions, consacrant la ligne dure adoptée par l’Union face à la migration irrégulière.
L’un des piliers centraux du plan repose sur une nouvelle stratégie des visas, que Bruxelles assume désormais comme un outil de pression diplomatique. L’accès au territoire européen pour les ressortissants de pays tiers sera de plus en plus conditionné à la coopération de leurs États d’origine en matière migratoire.
« Les visas sont l’outil le plus puissant dont nous disposons », confie une source européenne à Kathimerini.
Les visas comme instrument de pression
Concrètement, l’Union européenne prévoit de sanctionner les pays refusant de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière, en restreignant la délivrance de visas.
« Le voyage sans visa vers l’UE est un privilège », a déclaré le commissaire européen aux Migrations, Magnus Brunner. « Désormais, ce privilège s’accompagnera d’obligations claires. »
Le commissaire a comparé le dispositif à un système de feux tricolores :
« Pour obtenir le feu vert, les pays tiers devront répondre à des critères objectifs, notamment un taux élevé de retours effectifs. »
Pour les pays dont les citoyens sont déjà soumis à visa, Bruxelles entend resserrer encore davantage les conditions, en liant plus étroitement la politique des visas aux intérêts stratégiques de l’UE. Les mécanismes de réadmission seront renforcés afin de permettre des réactions plus rapides contre les États récalcitrants.
Selon le document stratégique, actuellement en discussion entre la Commission et les États membres, un nouveau mécanisme d’évaluation liera explicitement les régimes de visas à des indicateurs précis, tels que les taux de retour et de coopération en matière de réadmission.
Migration choisie et main-d’œuvre qualifiée
Parallèlement à ce durcissement, la stratégie prévoit d’assouplir les voies d’accès pour les travailleurs qualifiés, afin de répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs clés comme la santé.
À titre d’exemple, le récent accord commercial entre l’UE et l’Inde instaure un cadre facilitant l’arrivée de professionnels indiens qualifiés, mais aussi de travailleurs saisonniers.
Contenir les arrivées irrégulières
Dans un contexte marqué par la montée de l’extrême droite en Europe et la « politisation » de la question migratoire par certains pays tiers, Bruxelles assume désormais une posture plus ferme, avec pour objectif explicite de réduire davantage les arrivées irrégulières.
« Jusqu’à présent, l’Union tentait de résoudre le problème en interne, ce qui a créé des tensions entre États membres », explique une source européenne. « Désormais, la priorité est de maintenir les arrivées illégales au niveau le plus bas possible. »
Bien que les arrivées irrégulières aient diminué d’environ 25 % en 2025, la nouvelle stratégie quinquennale met un accent particulier sur l’augmentation des expulsions de migrants déboutés de l’asile.
Une diplomatie migratoire renforcée
Le document insiste également sur la nécessité de développer une « diplomatie migratoire dynamique », visant à convaincre les pays tiers soit de freiner les départs vers l’Europe, soit de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière.
Des accords de ce type existent déjà avec l’Égypte, le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie, où le contrôle des flux migratoires est étroitement lié à des financements et investissements européens.
Avec Kathimerini
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