Troisième mandat en Mauritanie : préserver l’alternance pour consolider la démocratie
Dans cette tribune, Mohamed Ould Ahmed Benane plaide pour le respect strict de la limitation des mandats présidentiels en Mauritanie. Il estime qu’une révision constitutionnelle ouvrirait la voie à une instabilité politique et appelle à un consensus national autour d’institutions plus fortes et plus transparentes.

Débat sur le troisième mandat en Mauritanie : une tribune appelle au respect de la limitation constitutionnelle pour préserver la stabilité et l’alternance démocratique.
Il me semble qu’il est inopportun de parler de troisième mandat sauf pour les thuriféraires et laudateurs bornés qui ne peuvent que causer plus de tort que de bien aussi bien au pays qu’au Président de la Republique lui même pour lequel personnellement je voue beaucoup d’admiration et de respect ne serait-ce que pour le travail qu’il accomplit sans vouloir le chanter à bout de champ et pour l’énorme respect qu’il manifeste à tous même ses pires ennemis.
Cependant, il me semble que la limitation des mandats est le seul et unique garant contre la perpétuation d’un régime même s’il est bon au risque de le transformer facilement en monarchie.
Les règles démocratiques claires, utiles, évoluées et consensuelles ne peuvent et ne doivent être modifiées au risque de provoquer un recul inexorable de la société vers des abîmes incertaines (Qu’Allah nous en préserve).
J’imagine que l’actuel président qui avait été en 2019 sur le point de perdre son droit naturel à se présenter à une élection qui lui était prédestinée, ne pourra pas oser espérer casser la règle qui lui a permis d’accéder à la présidence au risque de se retrouver dans des problèmes inextricables avec une farouche opposition interne animée par une grande partie de ses soutiens actuels en plus de l’opposition traditionnelle sans compter les partenaires qui ne peuvent tolérer une destabilisation du pays.
Les gens qui réclament une révision constitutionnelle du pays pour supprimer les dispositions garantissant une alternance pacifique au pouvoir sont les pires ennemis de la nation et du Président. Leur démarche est naturellement vouée à l’échec car ils ne peuvent faire monter la moutarde au nez de Ghazwany car c’est quelqu’un de très sensé et dispose d’une bonne vision des tenants et aboutissants de la situation politique, géostratégique et économique de la Mauritanie.
Nous osons espérer que le dialogue en perspective aboutisse à un consensus national de nature à apaiser la situation politique interne et permet l’émergence de nouvelles institutions politiques et administratives nationales efficaces.
1. Un pouvoir législatif bicaméral avec un sénat remanié où la diversité de la représentation garantit l’efficacité
2. un conseil économique social et environnemental jouant pleinement le rôle qui lui revient
3. une CENI réellement autonome avec des outils garantissant la transparence de tous les scrutins
4. une HAPA permettant à la presse nationale de jouer son rôle de quatrième pouvoir en servant d’arbitre et d’autorité de régulation
Quoique nous soyons très satisfait des efforts fournis au cours de ces deux mandats par l’actuel président, nous lui souhaiterons à leur issue une bonne retraite paisible. Par ailleurs, nous espérons pouvoir en 2029, trouver parmi nos concitoyens un remplaçant capable de poursuivre les efforts entamés et compléter le chemin vers l’émergence d’une nation prospère, apaisée, unie et développée.
Mohamed Ould Ahmed Benane



