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Tribune : Cesser de glorifier l’inaction ! | Abdoulaziz DEME

Comment peut-on glorifier en Mauritanie un ministre qui vient d’être débarqué du gouvernement, alors même qu’il a accompli son travail avec sérieux et engagement ?

Si un responsable fait bien son travail, il mérite la reconnaissance et le respect.

Sa sortie du gouvernement ne devrait pas effacer les résultats obtenus ni transformer le débat public en règlement de comptes.
Mais il faut aussi le dire clairement : lorsqu’un ministre est débarqué, ce n’est jamais un acte anodin.

Derrière une telle décision, il y a toujours une raison politique, institutionnelle, managériale ou liée à l’évaluation de son action.
Un remaniement n’est pas une simple formalité : c’est un signal envoyé par l’autorité qui décide, et il doit être lu avec responsabilité.
Dès lors, ériger systématiquement un ministre limogé en héros, en victime ou en modèle, sans connaître les motifs réels de sa sortie, relève davantage de l’émotion ou du calcul politique que de l’intérêt général.

On ne doit ni humilier un responsable sans raison, ni le glorifier sans avoir examiné les raisons de son départ.
Plus profondément, notre pays doit cesser de glorifier ceux qui n’ont rien accompli. Trop souvent, la notoriété, les alliances, le bruit médiatique ou l’appartenance à tel ou tel réseau suffisent à fabriquer des
« figures politiques ».

Pendant ce temps, les vraies problématiques des populations — l’école, la santé, l’emploi des jeunes, l’eau, le logement, les routes, la justice sociale et l’égalité des chances restent en attente de réponses sérieuses.
Glorifier l’inaction, c’est décourager celles et ceux qui travaillent réellement.

C’est envoyer un message dangereux à la jeunesse : que l’on peut avancer sans résultats, occuper des responsabilités sans rendre de comptes, et recevoir des honneurs sans avoir amélioré la vie des citoyens.
La Mauritanie a besoin d’une autre culture politique : une culture qui valorise le travail, la compétence, l’écoute et le service de l’intérêt général.

Une culture où l’on juge les responsables sur des actes concrets, des résultats mesurables et un impact réel dans la vie des populations.
Il est temps de recentrer le débat public sur l’essentiel : améliorer les choses pour les Mauritaniennes et les Mauritaniens.

Car un responsable ne doit pas être jugé sur les slogans qu’il prononce, les positions qu’il occupe ou les applaudissements qu’il reçoit, mais sur ce qu’il a changé concrètement pour le pays.
Wassalam.
Abdoulaziz DEME
Le 14 Octobre 2026

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