Trafic de drogue : quand l’armée algérienne jette de la poudre aux yeux de l’opinion publique

Trafic de drogue : quand l’armée algérienne jette de la poudre aux yeux de l’opinion publique
Publié dans Barlamane le 06 – 08 – 2022 via Maghress
Un reportage de la télévision clandestine célèbre des saisies clandestines de drogue avec des allusions au Maroc, sans répondre pourtant à des questions cruciales. Par exemple, l’enquête déclenchée après deux saisies majeures de cocaïne dans le port d’Oran (300 et 700 kilogrammes) en 2019. Plusieurs hauts fonctionnaires avaient été par la suite limogés, mais la vérité a été tamisée.
Pour détourner l’attention publique des vrais problèmes, l’agence de presse algérienne a fait l’éloge dans une séquence vidéo diffusée, le 3 août, des efforts de l’armée nationale populaire (ANP) en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée (trafic de drogue et émigration clandestine), en dressant un bilan des interventions de ses services durant la période s’étalant du 27 juin au 2 août.
Cette démarche, ont affirmé des sources fiables à Barlamane.com, «s’inscrit dans le cadre de la propagande médiatique de la junte militaire au pouvoir» avec un bilan maigrelet, lequel «fait état de tentatives d’introduction de la quantité totale de 129 kg de chira via le tracé frontalier marocain-algérien, ainsi que l’arrestation de 42 trafiquants de drogue et la saisie de 72 448 comprimés psychotropes.»
Les faits, toutefois, sont tenaces. En novembre 2021, faut-il le rappeler, les autorités marocaines ont extradé vers l’Algérie, en pleine crise avec le régime de Tebboune, douze personnes, onze ressortissants algériens et un Mauritanien, poursuivies par la justice algérienne pour trafic de stupéfiants. Ces individus faisaient l’objet de mandats d’arrêt internationaux émanant d’Alger dans le cadre d’affaires de trafic international de drogue. Et si le Maroc a accéléré l’extradition et la coordination avec les autorités algériennes en vertu des accords de coopération judiciaire que le Maroc respecte toujours, les relais du régime n’ont accordé qu’un intérêt mineur à cet événement.
Lors du reportage téléguidé, il a été signalé l’interception de 39 candidats à l’émigration clandestine (de différentes nationalités) et le sauvetage de 147 candidats qui étaient à bord d’embarcations artisanales, ainsi que l’interpellation, dans le cadre d’affaires liées au terrorisme, de 28 personnes et la saisie de deux armes à feu, des munitions et 17 véhicules.
Il ressort, selon nos sources, «que les autorités algériennes visent à imputer fallacieusement au royaume le statut de fournisseur en drogues, d’autant plus que les statistiques médiocres fournies par l’ANP pour justifier cette mystification témoignent de la totale ignorance de l’Algérie quant aux interventions menées au tracé frontalier par les services de sécurité marocains.»
Un reportage qui omet de mentionner qu’aucune des frontières de l’Algérie, hormis la frontière maritime, n’est sécurisée, puisque, au pullulement de groupes armés de l’est au sud de l’Algérie s’ajoutent les réseaux de trafics de drogue à l’ouest.
Le contorsionnisme de l’armée élude des faits encore plus graves. En juillet par exemple, des peines allant jusqu’à neuf ans de prison ferme ont été prononcées par le tribunal correctionnel de Marseille contre les organisateurs algériens d’un réseau international de blanchiment d’importantes sommes d’argent entre la France, l’Italie, l’Algérie et Dubaï. Les prévenus étaient également poursuivis pour leurs activités de trafic de stupéfiants.
Avant un an, un homme, inscrit sur la liste des «cibles prioritaires» de l’Office antistupéfiants (Ofast), et qui était recherché dans le cadre d’une enquête contre la criminalité organisée, n’était que l’algérien Karim Benkhelif, surnommé «Mâchoire» et arrêté à l’aéroport de Lisbonne.
En effet, les opérations réalisées par l’ANP restent insignifiantes par rapport aux interventions menées, durant la même période, par les autorités marocaines en matière de lutte contre le trafic de drogue, ayant permis la saisie de dizaines de tonnes de chira.
Dans le même élan, les réalisateurs de cette vidéo ont tenté de véhiculer faussement que les comprimes psychotropes confisqués provenaient du royaume, alors que le traitement des affaires de saisie de comprimes hallucinogènes a révélé que cette substance narcotique est introduite au Maroc, en réalité, essentiellement à partir de l’Algérie, par le biais de réseaux criminels structurés.
D’autre part, les modestes statistiques d’arrestation de candidats à l’émigration clandestine par l’Algérie, qui est pourtant rongée par ce fléau, reflètent en réalité la passivité des autorités de ce pays dans la lutte contre ce phénomène, comme en témoigne les derniers incidents de la tentative d’assaut sur le préside de Melilla par des ressortissants subsahariens, qui se sont infiltres au royaume en provenance de l’Algérie.
Il y a lieu de souligner que l’engagement des autorités marocaines dans la lutte contre le phénomène de l’émigration s’illustre aussi bien sur le plan offensif (couronné par le démantèlement de plusieurs structures criminelles et le sauvetage de milliers de candidats au large de la mer) que sur le plan humanitaire (deux opérations de régularisation de séjour au profit de 5000 subsahariens).
Il sied de signaler que l’institution militaire algérienne, qui a cherché vainement à travers cette vidéo, à redorer son image en matière de lutte contre le terrorisme, en signalant l’arrestation d’un groupe de terroristes dans cinq régions du pays dont celle de Tindouf, a, au contraire, confirmé l’implication du Front Polisario dans le terrorisme.
Pour nos sources, cette sortie «dévoile les calculs étriqués des autorités algériennes contre le royaume» qui sont «voués à l’échec», dans la mesure où les services de sécurité marocains ont «réussi à s’adjuger la reconnaissance de la scène internationale quant à leur déploiement efficient dans la lutte contre toutes les formes de la criminalité organisée transnationale et le terrorisme, sachant que le bilan réalisé en l’objet uniquement par le pôle DGSN-DGST dépasse de loin les réalisations des services de sécurité algériens, sans compter les résultats des autres départements marocains.»

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