Sommes-nous pris en otage?

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Sommes-nous pris en otage?

Des gouvernants qui surfent sur nos divisions pour mieux nous voler et brader toutes les richesses du pays. Des politiciens véreux, qui vous inondent de mensonges et de promesses pour être élus et après nous oublient, ainsi que les problèmes. Les ONG et OSC, sont constituées d’Opérations de Nourritures de leurs Gosses ou pour Satisfaire leurs Concessions exclusivement. Où se trouvent leurs impacts sur la société ou sur le pays?

Si c’est dans le Cadre de la Lutte Contre la Pauvreté, chaque jour, qui passe, les citoyens deviennent plus misérables et les tâcherons ont leurs zébrures plus épaisses et plus brillantes. Donc, que les pauvres soient eux mêmes, des tâcherons des activités qui leur sont destinées (acteurs et bénéficiaires).

Des responsables de projets et programmes, qui planifient les détournements avant la mise en œuvre.

Des administrateurs sur leurs bureaux, leurs stylos sur la table et les mains en dessous attendant le prix de la corruption pour écrire un mot ou orienter le visiteur. Chaque petit service a un prix. Les agents de sécurité sur les routes vous accusent de brûler le feu rouge ou d’excès de vitesse imaginaire et vous extorquent ainsi, le peu de pitance que vous gardiez pour les repas de vos familles.

Le médecin et son personnel, tout en vous gratifiant des sourires sardoniques, vous font un diagnostic digne d’un prince saoudien et vous prescrivent des examens à vider la quantité de sang d’un éléphant et autres examens complémentaires pour un dossier médical qu’un bourricot ne pourrait porter. Tout cela pour vous rendre plus malade qu’auparavant. Au lieu d’y laisser votre mal, vous y laisserez votre fortune et votre santé. Si vous avez la chance de mourir très rapidement vous y laisserez ce petit héritage de vos orphelins. Sinon vous y ferez passer vos économies et vos maisons tout en continuant à souffrir pour le restant de votre vie.

Comptant sur l’avenir de.vos enfants, celui-ci est mis en cause depuis que les réformes rapportent des gros financements. Les méthodes pédagogiques tombent chaque année scolaire. De la méthode syllabique, on a passé à l’approche par objectif, à celle par compétences, on passe à celle par négation du français, puis à l’oubli de l’arabe. Les méthodes se suivent, les séminaires de pléthores d’enseignants qui ne vont jamais en classe. Les vrais enseignants ne sont pas informés des séminaires de toutes ces méthodologies burlesques. C’est la « médiocratie » qui envahit tout le système éducatif, du primaire à l’universitaire. Les correcteurs de concours ne maitrisant pas les épreuves posées, tous les candidats échouent. Mais, pour ne pas déclarer un échec global, on diffuse une liste d’admis, qui n’étaient pas candidats. Cela paraît tellement juste, que les non-postulants admettent, si tous les vrais candidats échouent, il faut les remplacer. C’est la « logique », de si tu n’y es pas, on met à ta place……

Au niveau des écoles, on ne sait plus que dire. Si vous y parlez français, on ne vous regarde même pas. Et, si vous parlez, un bon arabe, comme Ouroul-Ghaîss, on vous regarde avec des gros yeux. Comme si vous étiez un ange venu du ciel. L’école va à l’eau, non, elle s’enfonce dans la boue au Sud, au Nord, elle a la tête dans le sable jusqu’aux épaules et au centre, elle l’a au fond de la grotte. Les enfants sont convaincus de ne plus avoir d’avenir. Alors, ils foncent comme nos gouvernants à l’enrichissement illicite.

IL FAUT AVOIR DE L’ARGENT. OUI L’ARGENT.

Le maître mot, qui brille dans toutes les têtes et qui rend fou.

Tout le monde, même l’iman s’y met, ainsi que le grand marabout. Regardez son boubou, sa voiture, ses épouses presque une dizaine, toutes bellement vêtues et parées. Promoteurs de multiples mandats aux présidents en vue de violer les constitutions, qui pour lui, sont en papier des toubabs.

Alors, la morale, les valeurs, l’honnêteté, la vérité, tout cela, c’est juste le temps d’entrer dans une mosquée et de sortir. Même, la mosquée est souvent volée, les livres sont soustraits, la caisse de charité envolée, les tapis disparaissent. Comme aucun ange n’arrête les larcins, si on prend les biens de la maison de DIEU, on prend juste ce qui est à tous. C’est le comble, on vole même DIEU. Ainsi, la peur envahit la ville. Personne ne peut aller prier à 5 heures du matin. Les routes sont pleines de bandits avec leurs couteaux ou de jeunes pistoléros en tenue, si on  n’a pas de coups de couteau au ventre, on a une balle dans la poitrine.

 Les femmes dans leurs grosses cylindrées vous accostent, vous enlèvent et vos familles peuvent prier tous les dieux, elles ne vous reverront plus tout entiers.

La drogue envahit les rues, les ruelles et les demeures.

Les jeunes filles et garçons, tout le monde est dans la dance.

Dans les maisons, même calfeutrés, les voleurs passent, on ne sait par où et vous endorment avec quelle substance. On sait, seulement que le lendemain, vous vous réveillez en vous retrouvant par terre, la maison vidée, les  valises et sacs éventrés et mis dehors. Tout est parti. Plus rien et vous êtes aussi pauvres que le jour de votre naissance.

Que faire, si les gardiens sont vos voleurs. Ceux chargés de la sécurité sont les promoteurs de l’insécurité.

Et; cela, tout est justifié. Les voleurs jouissent d’une complicité locale, d’un soutien communautaire et honteuse.

Ne sommes-nous pas responsables de ce qui nous arrive?

Quelles sont les solutions pour qu’au moins nous préservions notre liberté et notre dignité avant que notre société ne disparaisse?

Si la religion, la morale, l’éthique et la raison n’ont pas empêché de tels faits quelle stratégie faut-il recourir pour sauver notre nation?

Saidou Abdoulaye Ba.

La peur dans le pays

Nouakchott le 5 juin 2021.