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Sahara occidental : l’ONU et les États-Unis relancent les pourparlers à Washington

Les Nations unies confirment la reprise des négociations sur le Sahara occidental à Washington sous la coprésidence de Staffan de Mistura et des États-Unis. Analyse des enjeux et des positions des parties.

Sahara occidental : reprise des pourparlers à Washington sous l’égide de l’ONU et des États-Unis

Les pourparlers sur le Sahara occidental ont repris à Washington sous l’égide de l’ONU et des États-Unis. Une nouvelle tentative diplomatique pour relancer un processus politique longtemps bloqué.
Les Nations unies ont confirmé mardi la reprise des discussions sur le Sahara occidental à Washington, marquant une nouvelle étape diplomatique dans un dossier enlisé depuis près d’un demi-siècle. Les pourparlers sont coprésidés par l’envoyé spécial du Secrétaire général pour le territoire, Staffan de Mistura, et par l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU,Michael Waltz.

Un cadre onusien réaffirmé

Lors d’un point de presse à New York, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a précisé que ces négociations s’inscrivent dans la mise en œuvre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée l’an dernier. Ce texte appelle les parties à reprendre un processus politique « réaliste, pragmatique et durable », fondé sur le compromis.

« Notre collègue Staffan de Mistura copréside les négociations en cours sur la mise en œuvre de la résolution 2797 », a déclaré le porte-parole, ajoutant que l’émissaire onusien observera pour l’heure une stricte réserve médiatique afin de « donner aux discussions les meilleures chances de succès ».

Le Conseil de sécurité des Nations unies, à travers cette résolution, a renouvelé le mandat de la MINURSO et réitéré son soutien à une solution politique mutuellement acceptable.

Washington en chef d’orchestre discret

La participation active des États-Unis à ces pourparlers illustre l’implication croissante de Washington dans la recherche d’un compromis. Selon les informations disponibles, Michael Waltz intervient en tant que coprésident des discussions, aux côtés de l’ONU.

Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement d’une réunion organisée les 8 et 9 février à l’ambassade américaine à Madrid, sous l’égide conjointe de l’ONU et de Washington. Y ont pris part les chefs de la diplomatie du Maroc, du Front Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi que des représentants espagnols.

La rencontre madrilène aurait notamment porté sur le plan d’autonomie présenté en 2007 par Rabat comme base de règlement du conflit.

Les positions en présence

Le différend autour du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, oppose principalement le Maroc et le Front Polisario depuis 1975.

  • Le Maroc défend son plan d’autonomie, présenté comme une solution « sérieuse et crédible », offrant une large autonomie au territoire sous souveraineté marocaine. Rabat bénéficie d’un soutien diplomatique croissant, notamment de la part de plusieurs puissances occidentales.
  • Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, revendique l’organisation d’un référendum d’autodétermination, conformément aux résolutions initiales des Nations unies. Il considère que toute solution doit inclure l’option de l’indépendance.
  • L’Algérie insiste sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et appelle à un processus conforme au droit international.
  • La Mauritanie, voisine du territoire, maintient une position de neutralité officielle, plaidant pour une solution consensuelle garantissant la stabilité régionale.
  • L’Espagne, ancienne puissance administrante, soutient désormais publiquement l’initiative marocaine d’autonomie, tout en réaffirmant son attachement au cadre onusien.

Un contexte régional sensible

La relance des pourparlers intervient dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes entre le Maroc et l’Algérie, ainsi que par les défis sécuritaires au Sahel. La stabilité du Sahara occidental demeure un enjeu stratégique pour l’Afrique du Nord et l’Atlantique sahélien.

Le rôle des États-Unis, conjugué à celui des Nations unies, pourrait contribuer à redynamiser un processus diplomatique longtemps au point mort. Toutefois, l’absence de calendrier précis et la discrétion affichée par l’émissaire onusien traduisent la délicatesse des négociations.

À ce stade, aucune indication n’a été donnée sur la durée des pourparlers ni sur la nature des concessions envisagées. Les regards se tournent désormais vers Washington, où pourrait se dessiner — ou non — une nouvelle séquence dans l’un des plus anciens conflits non résolus du continent africain.

Rapide info avec agences

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