Sahara occidental : Le Conseil de sécurité proroge d’une année le mandat de la Minurso

Sahara occidental : Le Conseil de sécurité proroge d’une année le mandat de la Minurso.
La résolution 2654 du Conseil de sécurité a recueilli 13 voix, la Russie et le Kenya ont choisi l’abstention.
Algeria / AA / Alger / Aksil Ouali par Lassaad Ben Ahmed | 28.10.2022

Le Conseil de sécurité des NAtions Unies a décidé, jeudi, de proroger jusqu’au 31 octobre 2023 le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), en adoptant la résolution 2654 (2022).

Cette dernière a été votée par 13 voix pour et 2 abstentions, à savoir celles de la Fédération de Russie et du Kenya.

Le texte rédigé par les États-Unis d’Amérique, souligne d’emblée qu’il convient de parvenir à une « solution politique réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable » à la question du Sahara occidental. Une solution qui, a ajouté le même texte, repose sur le « compromis », et qu’il importe « d’adapter l’action stratégique de la Minurso et d’affecter les ressources des Nations Unies à cette fin ».

Le document a émis 17 recommandations et précisé que le Conseil de sécurité « appuie pleinement » les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour faciliter les négociations afin de parvenir à un règlement de la question du Sahara occidental, « en tirant parti des accomplissements de l’ancien Envoyé personnel ».

Dans ce sens, a ajouté le document, le Conseil « engage vivement le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie à collaborer avec l’Envoyé personnel pendant toute la durée du processus, dans un esprit de réalisme et de compromis, en vue de le faire aboutir ».

Il demande également, selon le même texte, aux parties de « reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts consentis depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis », en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.

Et d’ajouter : « Le Secrétaire général est prié de faire régulièrement, à chaque fois qu’il le jugera utile des exposés au Conseil sur l’état d’avancement des négociations tenues sous ses auspices, l’application de la présente résolution, l’évaluation des opérations de la Mission et les mesures prises pour surmonter les difficultés rencontrées. Il devra en outre présenter au Conseil un rapport sur la situation au Sahara Occidental bien avant la fin du mandat de la Mission ».

Après l’adoption, le représentant des États-Unis s’est félicité du « plein soutien » apporté par le Conseil au nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, selon les termes figurant dans le préambule de la résolution.

Même s’il a regretté l’absence d’unanimité, ce dernier « a appelé tous les acteurs à dialoguer avec l’Envoyé personnel et à modifier leurs positions pour arriver à une solution définitive au conflit ».

Pour « les États-Unis, le plan d’autonomie proposé par le Maroc est réaliste et juste et pourrait satisfaire les populations ».

Même position exprimée par les Émirats arabes unis, dont la représentante s’est félicitée de l’approche constructive du Conseil et du libellé « équilibré » de la résolution.

Favorable à une solution durable basée sur le compromis, le représentant du Gabon s’est dit convaincu que « cette résolution permettra de soutenir les efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour relancer le processus politique entre les différentes parties prenantes ».

Pour sa part, la représentante de la Chine a rappelé la position  » invariable » de son pays en faveur d’une solution politique acceptable par tous. La Chine apprécie la présente prorogation du mandat de la Minurso, tout en souhaitant que les prochaines prolongations « tiennent compte de la situation sur le terrain et des positions de toutes les parties, de manière à parvenir à un souhaitable consensus et à faire en sorte que les objectifs de la Mission soient atteints ».

Le Brésil, quant à lui, a estimé que « le texte aurait pu être plus équilibré sur certains des éléments novateurs qui étaient présentés ».

Mais pour le représentant du Kenya, la résolution adoptée s’écarte, selon lui, du mandat de la Minurso.

Il a rappelé qu’il avait voté en faveur de la 2602 (2021,) adoptée il y a un an, et a émis l’espoir que les parties pourront discuter pour que la Mission puisse organiser un référendum. Mais, a-t-il regretté, « les propositions constructives faites par son pays, qui traitent du fond de la mission, n’ont pas été reprises et le texte adopté ne reflète pas la volonté du Conseil de sécurité » d’organiser un référendum au Sahara occidental pour permettre l’autodétermination.

Ayant le droit de veto la Fédération de Russie a préféré s’abstenir en dénonçant » une résolution qui ne reflète que l’opinion du porte-plume, et ce, depuis des années ».

Selon le représentant de la Russie, « les ajustements apportés au texte portent atteinte à une démarche impartiale et non politisée ». « La résolution ne reflète pas non plus la situation sur le terrain et ne va sans doute pas contribuer aux efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général », a-t-il affirmé.
Source: Agence Anadolu

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