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Retour d’Abibou Sall à Nouakchott : Entre ferveur et vives polémiques | Mauritanie 2026

Le retour d'Abibou Sall (FLAM) à Nouakchott divise la Mauritanie. Entre appels à la dignité et accusations de séparatisme portées par Elbacha Abdellahi et Ely Ould Sneiba, l'unité nationale est à l'épreuve.

Abibou Sall, président des FLAM, saluant ses partisans depuis le toit ouvrant d'une voiture à Nouakchott, brandissant un drapeau.
Abibou Sall à son arrivée à Nouakchott le 25 avril 2026, au centre d’une controverse sur les symboles nationaux.

Le retour d’Abibou Sall en Mauritanie ce 25 avril 2026 marque un tournant électrique dans le paysage politique national. Si le leader des FLAM a été accueilli dans une ferveur militante par ses sympathisants, sa présence sur le sol mauritanien déclenche une véritable levée de boucliers chez ses détracteurs. Entre accusations de discours séparatistes portées par Elbacha Abdellahi et alertes sécuritaires sur le respect des symboles nationaux par l’analyste Ely Ould Sneiba, ce retour place l’unité de la République face à ses vieux démons et à ses défis juridiques.
NOUAKCHOTT – Le retour au pays d’Abibou Sall, président des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), ce vendredi 25 avril 2026, ne se limite pas à des retrouvailles partisanes. Si ses sympathisants célèbrent « la fin de l’ère de la servitude », une partie de l’opinion et de l’intelligentsia dénonce une provocation dangereuse et exige des comptes sur le passé du mouvement.

Un discours de « dignité » face au spectre du passé

Devant une foule électrisée, Abibou Sall a tenté de lisser l’image de son organisation. S’adressant à l’agence Alakhbar, il a prôné une Mauritanie de l’égalité :

« Notre lutte n’est pas une lutte de division, mais une quête de reconnaissance pour chaque Mauritanien. »

Toutefois, cet appel à l’unité et à la « sagesse » peine à convaincre les détracteurs historiques du mouvement, qui voient dans cette rhétorique un vernis diplomatique cachant un agenda radical.

La charge virulente d’Elbacha Abdellahi : « Sall devrait demander pardon »

Parmi les voix les plus critiques, celle d’Elbacha Abdellahi résonne avec une sévérité particulière. Pour lui, le bilan des FLAM est indissociable de la fracture nationale.

Abdellahi dresse un réquisitoire sans concession : 43 ans de lutte marqués, selon lui, par l’extrémisme, le racisme et une hostilité systématique envers le groupe des Maures. Il accuse le mouvement d’avoir « terni l’image de la Mauritanie dans le monde » en la présentant sous les traits d’un État pratiquant un racisme structurel et l’esclavage.

Réagissant à l’appel de Sall à « rester fidèle aux valeurs » des FLAM, Elbacha Abdellahi s’insurge :

« Avant de parler de détermination, Abibou Sall devrait d’abord demander pardon à son pays et aux Mauritaniens pour des décennies de discours séparatistes. »

L’ineptie de l'argument de l'autochtonie.Ely Ould Sneiba et le « sacre du drapeau » : Une alerte sécuritaire

Le débat a pris une tournure juridique et symbolique avec la publication d’un article remarqué d’Ely Ould Sneiba sur Rapide Info ce 26 avril. Pour l’analyste, l’accueil du leader des FLAM pose la question fondamentale du respect de la Loi sur la protection des symboles nationaux.

« Rien ne peut égaler la symbolique du drapeau », martèle Ould Sneiba. Il rappelle que la Constitution définit strictement l’emblème national (le croissant et l’étoile or sur fond vert avec ses bandes rouges) et s’étonne de l’audace d’un mouvement qui, par le passé, a prôné la lutte armée et « collaboré avec l’ennemi » lors du conflit de 1989 avec le Sénégal.

L’analyste s’interroge sur le traitement de faveur dont bénéficierait Abibou Sall :

Deux poids, deux mesures ? Ould Sneiba rappelle qu’un individu a récemment été incarcéré pour avoir réclamé la sécession du Nord. Pourquoi le chef d’un mouvement jugé « raciste et sécessionniste » pourrait-il sillonner la capitale sous d’autres couleurs que celles de la République ?

Le spectre de l’instabilité : Avec un Mali voisin en proie au chaos, Ould Sneiba voit dans ce retour une provocation calculée. « Que cherchent les FLAM en ce moment précis ? », demande-t-il, soulignant que l’égalité devant la loi est le socle de toute démocratie.

Une République à la croisée des chemins

Le retour d’Abibou Sall agit comme un révélateur des plaies non cicatrisées de la Mauritanie. D’un côté, une base militante qui voit en lui un libérateur ; de l’autre, des citoyens et des cadres qui réclament l’application stricte de la loi contre ce qu’ils qualifient de « racisme d’État inversé ». Entre les fleurs de l’aéroport et les colonnes acerbes de la presse, la Mauritanie de 2026 cherche son équilibre. Le gouvernement, pour l’instant silencieux, devra arbitrer : laisser s’exprimer une opposition radicale au nom du pluralisme, ou sévir au nom de l’unité nationale et de la protection des symboles de l’État

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