Quand la haine devient idéologie : déconstruction d’un discours inhumain et dangereux

Quand la haine devient idéologie : déconstruction d’un discours inhumain et dangereux
Certaines paroles vont bien au-delà d’une simple opinion : elles révèlent une chute morale profonde. Dire qu’« on ne sait pas s’il y a massacre » ou, pire encore, que « des peuples entiers mériteraient d’être tués », ce n’est pas faire de la politique. C’est nier l’humanité, l’éthique et les bases mêmes de toute société civilisée.
Malheureusement, ce genre de discours se répand. Il s’appuie sur trois grands piliers toxiques : le refus des faits, la déshumanisation de l’autre et l’idéalisation de la dictature sous prétexte d’un ennemi commun.
Commençons par le déni.
Douter, c’est normal. Mais nier systématiquement, sans aucune preuve, ne l’est pas. Rejeter toute information dès qu’elle dérange son camp, ce n’est pas de l’esprit critique, c’est choisir l’aveuglement. Oui, des crimes peuvent être commis par des régimes « anti-occidentaux », tout comme par des puissances occidentales. La justice ne dépend pas du drapeau du coupable.
Ensuite, la déshumanisation.
Affirmer qu’un peuple « mérite d’être tué », c’est la racine de tous les génocides. C’est le même raisonnement que les pires idéologies de l’Histoire : enlever à l’autre son humanité pour rendre sa mort acceptable. Aucun combat politique, aucune cause, aucune religion ne justifie cette logique.
L’islam, que certains invoquent à tort, est clair : la vie humaine est sacrée. L’injustice, même au nom d’une cause jugée noble, reste une injustice. Utiliser Dieu pour justifier la violence ou l’oppression, c’est non seulement immoral, mais aussi contraire à l’esprit même de la foi.
Enfin, la glorification des dictatures comme « remparts ».
Comment peut-on appeler « rempart » un régime qui emprisonne, torture ou tue ses propres citoyens ? Un pouvoir qui écrase son peuple ne protège que lui-même. Mélanger résistance extérieure et oppression intérieure, c’est une manipulation dangereuse.
Être contre Israël, les États-Unis ou l’Occident ne donne pas un passe-droit moral. Sinon, n’importe quelle tyrannie deviendrait acceptable tant qu’elle se choisit un ennemi commun. Cette logique a déjà causé des tragédies humaines, et continue d’en causer.
Quant à l’idée que « tout serait propagande des médias occidentaux », c’est un raccourci complotiste. Cela permet d’ignorer les réalités qui dérangent, d’effacer la vérité et de fermer les yeux sur la souffrance des victimes. Quand ces mêmes médias dénoncent des crimes occidentaux, deviennent-ils soudain crédibles ? Le problème, ce n’est pas l’Occident en lui-même, mais ce qui dérange une croyance toute faite.
Refuser cette dérive est un devoir moral.
On peut critiquer l’Occident sans se voiler la face.
On peut soutenir la Palestine sans idéaliser les dictatures.
On peut défendre l’islam sans trahir ses valeurs fondamentales.
La justice ne se partage pas en camps. La dignité humaine n’est pas négociable. Et toute cause qui exige de renoncer à notre humanité est, par définition, une cause perdue…..
Wetov
Sy Mamadou



