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Ould Bakkar répond à Biram :

Biram Ould Abeid… quand le « masque des droits » tombe dans la boue de l’allégeance à l’étranger

La scène politique mauritanienne a récemment révélé un paradoxe étonnant dont le protagoniste est le député et activiste Biram Dah Abeid. Alors que l’homme se lamente sur une « victimisation » supposée, il oublie — ou feint d’oublier — que le régime qu’il qualifie d’injuste est le même qui lui a permis d’obtenir l’accréditation pour se présenter à l’élection présidentielle à trois reprises consécutives, en surmontant des obstacles juridiques et procéduraux qui auraient pu l’écarter. Malgré cela, il a obtenu des résultats significatifs, qui n’ont pas été altérés, ce qui pose une question fondamentale : comment un régime « répressif » pourrait-il offrir à son adversaire déclaré une tribune, des urnes et des résultats consacrant sa légitimité populaire ? « Qui peut faire peu peut faire beaucoup. »

Ce qui est regrettable dans le parcours du « leader », c’est que le pouvoir et la société ont tenté d’en faire une figure nationale et un chef respecté, mais il n’a voulu demeurer que le subordonné d’autrui — cette fois-ci de maîtres à l’étranger. Il s’agit d’un tournant dramatique : de la revendication de droits à l’intérieur du pays vers le refuge auprès de forces extérieures qui ne voient en la Mauritanie qu’un terrain d’expérimentation de théories de démantèlement. Biram aurait choisi de tourner le dos à l’action parlementaire légitime et à la stature nationale pour se nourrir de discours accusateurs et de propos diffamatoires contre son propre pays, espérant obtenir la reconnaissance de nouveaux « tuteurs », une médaille d’une organisation suspecte, dans une église, ou la sympathie de cercles sionistes et de fauteurs de troubles.

C’est, selon l’auteur, la faute de se tourner vers l’extérieur.

Démocratie de tolérance… ou faiblesse de l’État ?

La démocratie mauritanienne est jeune, mais elle est dynamique et fonctionnelle, sujette à l’évolution et à la réforme. La Constitution a été amendée à deux reprises ; certaines réformes ont renforcé la criminalisation de l’esclavage et de la discrimination, consolidé la pratique démocratique et protégé certaines dispositions liées à la réforme du système politique, notamment celles concernant les mandats présidentiels. Aujourd’hui, le pays se prépare à un dialogue sans plafond ni exclusion — une démocratie plus grande que son âge réel.

Ainsi, Biram et ses soutiens à l’étranger devraient comprendre que le fait qu’il demeure libre de ses mouvements et de ses propos virulents ne constitue pas une preuve de faiblesse de l’État, mais un témoignage éclatant d’une démocratie fonctionnelle faisant preuve d’une grande retenue. Un État disposant d’une majorité parlementaire et d’un arsenal juridique — notamment des lois contre les discours de haine — pourrait, « en un clin d’œil », l’écarter politiquement ou l’emprisonner pour ses actes et déclarations, mais il a choisi la tolérance.

L’auteur estime qu’il est temps d’adresser un message clair aux « parrains » et à « l’agent » : aux organisations qui distribuent des distinctions trompeuses, il affirme que leur crédibilité s’est effondrée après les événements de Gaza. Quant à Biram, il devrait comprendre que la route vers le « palais gris » passe par les villes mauritaniennes telles qu’Adel Bagrou, Rosso et Nouadhibou — et non par les salons de Paris ou de Washington. Chaque apparition avec ceux qu’il qualifie d’« ennemis de la stabilité » serait, selon l’auteur, un nouveau coup porté à ses ambitions politiques.

Les autorités, la classe politique et la société mauritanienne auraient tenté de faire de Biram une figure nationale, mais il aurait préféré rester dépendant de soutiens extérieurs. Il se trouverait aujourd’hui, selon l’auteur, à la croisée des chemins : soit revenir vers la nation et s’engager dans les enjeux nationaux, soit poursuivre une stratégie qui mènerait à l’isolement.

La Mauritanie, conclut-il, restera imperméable au démantèlement, et les urnes demeureront l’expression du peuple, non l’écho d’intérêts exploitant les crises.

Cet article est une réponse au discours prononcé par Biram en Allemagne, transmis à l’auteur, qui a jugé nécessaire d’y répondre. Le discours est publié sur le site « Al-Ilm » pour ceux qui souhaitent le consulter.

Le journaliste et analyste politique :
Mohamed Mahmoud Ould Bakkar

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