Opinion : Mauritanie : faut-il abroger la loi sur la protection des symboles nationaux ?
Adoptée en novembre 2021, la loi n°2021-021 portant protection des symboles nationaux et incrimination des atteintes à l’autorité de l’État suscite toujours une vive controverse en Mauritanie.
Députés, Journalistes, militants de la société civile et organisations de défense des droits humains la jugent liberticide et menaçante pour la liberté d’expression, en particulier sur les réseaux sociaux . Cet article examine les raisons qui plaident pour son abrogation et présente les enjeux démocratiques qu’elle recèle.
Depuis son adoption par le parlement mauritanien, la loi sur la protection des symboles nationaux est régulièrement invoquée à l’occasion de propos jugés injurieux envers le chef de l’État ou le gouvernement .
Elle vise officiellement à protéger les symboles nationaux et à criminaliser les atteintes à l’autorité de l’État ainsi qu’à l’honneur du citoyen .
Mais dans la pratique, ce dispositif est largement perçu comme un outil de répression du débat public.
Les critiques soulignent que le texte est trop large et flou, ce qui ouvre la porte à des interprétations arbitraires.
En criminalisant des publications sur les réseaux sociaux ou dans les médias, la loi crée un climat d’autocensure et de peur, notamment chez les journalistes, les blogueurs et les acteurs de la société civile .
Des organisations internationales qualifient désormais cette législation de « menace pour la liberté d’expression sur les réseaux sociaux en Mauritanie » .
Dans un État de droit, la protection des institutions ne devrait pas se transformer en instrument de contrôle de l’opinion. Lorsqu’une loi punit durement la critique politique, elle finit souvent par affaiblir la confiance des citoyens plutôt que de renforcer l’autorité de l’État. Plusieurs observateurs demandent donc son abrogation pure et simple, ou au minimum une réforme profonde du cadre juridique .
L’enjeu est démocratique : protéger l’État ne signifie pas étouffer le débat, museler les médias ou criminaliser la contestation. Une démocratie solide accepte la critique, même sévère, tant qu’elle ne bascule pas dans la violence ou l’incitation à la haine. La loi actuelle pose problème car elle mélange protection des symboles, contrôle des discours et répression des opinions, créant un risque majeur d’abus .
Au lieu de maintenir un texte contesté, les autorités mauritaniennes gagneraient à engager un débat national transparent pour réviser en profondeur ce cadre juridique, voire l’abroger. Une réforme sérieuse devrait garantir à la fois le respect des institutions et la protection effective des libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression et la liberté de la presse .
A mon avis.
La loi mauritanienne sur la protection des symboles nationaux, bien que présentée comme un instrument de défense de l’État, est aujourd’hui perçue comme une menace pour les libertés publiques.
Son abrogation ou sa réforme profonde serait un signe fort de volonté de construire une démocratie plus ouverte, où la critique légitime n’est pas criminalisée et où le débat public peut s’exercer dans un cadre respectueux des droits fondamentaux.
C’est à ce prix que la Mauritanie pourra renforcer la confiance entre l’État, les médias et les citoyens, et consolider sa crédibilité démocratique sur la scène régionale et internationale.
Abdoulaziz DEME simple observateur politique
Le 08 Juin 2026.



