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Nouakchott : Pas de « Modernisation » mais un Plan d’Urgence (50 Mds MRO)

Le ministre El Houssein Ould Medou rectifie : le gouvernement mise sur l'urgence sociale à Nouakchott (eau, électricité, santé) plutôt que sur une "modernisation" de façade.

Nouakchott : « Modernisation » ou « Urgence » ? Le recadrage de Ould Medou qui fait réagir

Par la RédactionLe porte-parole du gouvernement, El Houssein Ould Medou, a tenu à lever toute ambiguïté : il n’existe pas de plan de « modernisation » de la capitale, mais bien un programme d’urgence sociale. Un glissement sémantique qui en dit long sur les priorités actuelles de l’État.

Lors de la traditionnelle conférence de presse d’après-Conseil des ministres, le ministre de la Culture et porte-parole du gouvernement, El Houssein Ould Medou, a jeté un pavé dans la mare médiatique. En rectifiant l’appellation du programme de 50 milliards d’anciens ouguiyas destiné à la capitale, il a substitué le terme de « modernisation » par celui, plus pragmatique, de « Programme d’urgence pour le développement de la ville de Nouakchott ».

Un choc de mots, un choix de méthode

Pour le ministre, parler de modernisation serait prématuré, voire déconnecté de la réalité. L’accent est mis sur l’accès aux services de base : eau, électricité, santé et éducation. Avec une enveloppe de 50 milliards d’MRO déjà engagée dans 160 km de bitume et 200 km de lignes électriques, le gouvernement joue la carte de la transparence et du réalisme social.

Une onde de choc dans l’arène publique

Ce recadrage n’a pas manqué de faire réagir les différents acteurs de la vie nationale :

  • La Majorité : Le réalisme aux commandes. Pour les partisans du pouvoir, cette précision témoigne de l’honnêteté du président et de son gouvernement. « On ne construit pas des gratte-ciels quand certains quartiers manquent encore d’eau potable », confie un cadre de la majorité. On salue ici une volonté de rompre avec les « projets de prestige » des décennies passées.
  • L’Opposition : Un aveu d’échec ? De l’autre côté de l’échiquier, les critiques fusent. Certains y voient un rétropédalage. Pour l’opposition, renoncer au terme « modernisation » est un aveu implicite que la capitale peine à sortir de l’informel et que les infrastructures de base restent le défi majeur après 65 ans d’indépendance.
  • La Société Civile : Entre approbation et vigilance. Les organisations de défense des droits sociaux saluent le focus sur les services de base. Cependant, elles s’interrogent sur la pérennité de ces « programmes d’urgence » qui, selon elles, ne doivent pas remplacer une vision urbaine à long terme.
  • Le Citoyen Lambda : « L’eau avant le décor ». Dans les rues de Dar-Naïm ou de Toujounine, l’heure n’est pas à la sémantique. « Qu’on appelle cela modernisation ou urgence, l’important est que l’électricité ne coupe plus et que nos enfants ne fassent pas 5 km pour aller à l’école », résume un habitant.
  • L’Opinion Internationale : Un signal de prudence budgétaire. Les partenaires au développement (FMI, Banque Mondiale) voient d’un œil positif cette gestion axée sur les besoins essentiels, signe d’une allocation des ressources plus efficace pour réduire les inégalités urbaines.

Conclusion : Une communication de vérité

En refusant le mot « modernisation », El Houssein Ould Medou impose un style de communication direct. Si le terme est moins séduisant pour les brochures touristiques, il se veut plus proche du vécu des Nouakchottois. Reste à savoir si ces 50 milliards suffiront à transformer l’« urgence » en un bien-être durable.

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