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Mauritanie : Choisir entre la République et sa confiscation — La tribune de Bâ Mamadou Moustapha

Mauritanie : La tribune poignante de Bâ Mamadou Moustapha (PAREN-VE)

Pouvoir aveuglé, opposition divisée : Bâ Mamadou Moustapha (PAREN-VE) lance un appel lucide pour la refondation démocratique et l’avenir de la Mauritanie.

Face à la dérive du pouvoir en place et à l’incapacité de l’opposition à s’imposer comme une alternative créible, la Mauritanie se trouveun à un moment décisif de son histoire. Dans une tribune percutante, le président du PAREN-VE, Bâ Mamadou Moustapha, dresse un réquisitoire sans concession contre une classe politique qui hypothèque l’avenir de la Nation. Entre appels au rassemblement, exigence de justice et urgence d’une refondation républicaine, il invite les citoyens à refuser la confiscation de l’État et à choisir le camp des bâtisseurs.

J’ai peur pour mon pays. Cette inquiétude ne relève ni du pessimisme ni d’une quelconque posture politicienne. Elle procède d’un constat lucide : la Mauritanie se trouve aujourd’hui à un moment critique de son histoire, prise entre ceux qui veulent construire un État moderne, juste et prospère, et ceux qui, par calcul, aveuglement ou irresponsabilité, en sapent méthodiquement les fondements.
La première considère la Mauritanie comme une communauté nationale à consolider, une République à démocratiser et un patrimoine collectif à transmettre aux générations futures. Elle défend un État fondé sur la primauté du droit, l’égalité citoyenne, la justice sociale, la reconnaissance de notre pluralité culturelle et la répartition équitable des ressources nationales.
La seconde réduit la Mauritanie à un territoire de conquête politique, à un instrument d’enrichissement et à un espace de reproduction des privilèges. Elle transforme les institutions en instruments de contrôle, l’administration en appareil partisan, les ressources publiques en moyens de fidélisation et les appartenances communautaires en leviers de manipulation.
Ceux qui agissent ainsi ne gouvernent pas la Mauritanie : ils hypothèquent son avenir.
Un pouvoir prisonnier de sa propre suffisance
La majorité présidentielle paraît enfermée dans une dangereuse illusion : celle de croire que la maîtrise de l’appareil d’État équivaut à l’adhésion du peuple. Or, contrôler les institutions ne signifie pas convaincre la Nation. Mobiliser l’administration ne signifie pas obtenir la confiance des citoyens. Organiser des démonstrations d’allégeance ne remplace ni un projet de société ni une légitimité démocratique véritable.
Les campagnes prématurées autour d’un éventuel troisième mandat illustrent cette dérive. Elles détournent le débat public des véritables urgences nationales : le chômage des jeunes, l’effondrement de l’école, les inégalités sociales, la faiblesse des services de santé, la marginalisation de certaines régions et l’incapacité persistante à résoudre les fractures historiques du pays.
Lorsque les responsables politiques parlent davantage de conservation du pouvoir que de transformation de la société, ils cessent d’être des hommes d’État pour devenir les gestionnaires anxieux de leurs propres intérêts.
Une opposition qui confond trop souvent divergence et autodestruction.
Mais la responsabilité du pouvoir ne saurait exonérer l’opposition de ses propres fautes. Une partie de celle-ci s’enferme dans les rivalités personnelles, les procès d’intention et les stratégies de délégitimation mutuelle. Elle réclame l’unité tout en cultivant la division, dénonce l’exclusion tout en reproduisant ses mécanismes et prétend défendre l’alternance sans parvenir à construire une vision commune.
Une opposition incapable de dépasser les ego, les querelles de positionnement et les calculs de leadership ne constitue pas une alternative crédible. Elle devient un facteur supplémentaire de désespérance politique.
Refuser le dialogue par principe n’est pas nécessairement une preuve de radicalité ou de courage. Cela peut également révéler une absence de stratégie. De la même manière, participer à un dialogue sans garanties, sans objectifs précis et sans rapport de force démocratique reviendrait à cautionner une mise en scène institutionnelle.
Le véritable courage politique consiste à investir le dialogue, à y porter les exigences du peuple, à combattre les dérives de l’intérieur et à savoir s’en retirer si la mauvaise foi du pouvoir devient manifeste. On n’entre pas dans un dialogue pour capituler, mais pour confronter les responsabilités et arracher des réformes.
La Nation prise en otage.
Entre un pouvoir obnubilé par sa pérennité et une opposition minée par ses contradictions, le peuple mauritanien demeure le grand absent du débat politique. On parle en son nom, mais on l’écoute rarement. On sollicite ses suffrages, mais on ignore ses souffrances. On invoque son intérêt, mais on lui refuse trop souvent une véritable participation aux décisions qui déterminent son avenir.
Pendant que la classe politique se dispute les positions, la jeunesse cherche à partir. Pendant que certains organisent leur maintien au pouvoir, des familles affrontent la précarité. Pendant que d’autres transforment l’opposition en théâtre d’affrontements personnels, la confiance dans les institutions s’effondre.
Ce décalage entre les préoccupations de la population et les obsessions de la classe politique constitue une menace majeure pour la stabilité nationale. Une République ne s’effondre pas uniquement sous les coups d’une crise brutale. Elle peut également mourir lentement de l’injustice, du mépris, de l’impunité et de l’absence de perspectives.
Les fossoyeurs de la Mauritanie ne se trouvent pas dans un seul camp.
Ce sont ceux qui instrumentalisent la Constitution pour satisfaire des ambitions individuelles. Ceux qui utilisent l’État comme une propriété privée. Ceux qui attisent les divisions ethniques, régionales ou linguistiques. Ceux qui détournent les ressources publiques. Ceux qui banalisent l’injustice. Ceux qui transforment le dialogue en piège. Mais ce sont aussi ceux qui refusent toute concertation sans proposer d’alternative réaliste, qui utilisent la colère populaire comme stratégie et qui préfèrent l’effondrement du pays à la réussite d’un adversaire politique.
Ils prétendent servir la Mauritanie, mais ils ne servent que leur camp. Ils parlent de patriotisme, mais organisent la fragmentation nationale. Ils invoquent le peuple, mais redoutent son jugement. Ils proclament leur attachement à la démocratie, mais refusent d’en accepter les exigences lorsqu’elles menacent leurs intérêts.
Il ne s’agit plus de choisir mécaniquement entre le pouvoir et l’opposition. Il s’agit de choisir entre la République et sa confiscation, entre la responsabilité et l’aventurisme, entre la construction nationale et la destruction progressive de notre avenir commun.
La Mauritanie a besoin d’une refondation politique et institutionnelle : une justice véritablement indépendante, des élections transparentes, une administration impartiale, une gestion responsable des ressources, une reconnaissance effective de notre pluralité nationale et un nouvel équilibre entre les pouvoirs.
Notre pays ne sera pas sauvé par les slogans, les allégeances ou les coalitions de circonstance. Il le sera par la primauté du droit, la force des institutions, la participation citoyenne et l’émergence d’une classe politique capable de placer l’intérêt national au-dessus de ses ambitions.
L’histoire retiendra les noms de ceux qui auront consolidé la République. Mais elle retiendra également ceux qui, par cupidité, silence, calcul ou lâcheté, auront creusé la tombe de la Nation.
La Mauritanie est aujourd’hui face à un choix historique : devenir une République de citoyens libres et égaux, ou demeurer un État confisqué par des intérêts particuliers.
Il n’existe plus de place pour l’ambiguïté. Chacun doit choisir son camp : celui des bâtisseurs ou celui des fossoyeurs.
Pour notre part, nous avons choisi la Mauritanie : une Mauritanie réconciliée, inclusive, démocratique et prospère.

Le 09/18/2026
Président Bâ Mamadou Moustapha
PAREN-VE

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