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Mauritanie-Mali : Ghazouani menace de recourir au droit international

Le président El Ghazouani réagit après la mort de Mauritaniens au Mali. Nouakchott exige des comptes à Bamako et n'exclut pas des recours internationaux.

Mauritanie-Mali : Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani menace de saisir les instances internationales

Face à la multiplication des incidents meurtriers ciblant ses ressortissants en territoire malien, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani rompt le silence et affiche une fermeté inédite. Alors que la colère monte à Nouakchott après l’exécution présumée de civils par des unités régulières de Bamako, le chef de l’État mauritanien tente d’équilibrer la balance : il refuse de céder à la « provocation » d’une escalade militaire directe, tout en prévenant que la patience de la République a ses limites. Entre déploiement massif de troupes à la frontière et menace explicite de saisir les instances juridiques internationales, la Mauritanie érige désormais la sécurité de ses fils en « ligne rouge » non négociable, plaçant la junte malienne face à ses responsabilités devant la communauté mondiale, tout en avertissant qu’un embrasement frontalier ne ferait qu’offrir un terreau fertile à l’expansion des groupes djihadistes qui déstabilisent déjà le Sahel.

Par : Rapide info
Nouakchott, le 28 mars 2026

La tension monte d’un cran entre Nouakchott et Bamako. Lors d’une réunion stratégique tenue ce vendredi au Palais présidentiel avec les leaders des partis politiques, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a brisé le silence sur la situation sécuritaire alarmante à la frontière malienne.

Une frontière sous haute surveillance

Le chef de l’État a été catégorique : l’armée mauritanienne est déployée en force pour sécuriser chaque mètre carré du territoire national. « Nous protégerons nos frontières avec la plus grande rigueur », a-t-il martelé, précisant que les forces armées disposent de tous les moyens nécessaires pour garantir l’intégrité du pays.

Cette sortie intervient après la mort tragique d’au moins sept Mauritaniens en territoire malien. Selon des sources locales, ces civils auraient été exécutés après avoir été interpellés par une unité de l’armée malienne. Un bilan qui pourrait s’alourdir à huit victimes, voire plus, selon les mêmes sources.

Refus de l’escalade militaire

Malgré la colère qui gronde au sein de l’opinion publique mauritanienne, le président El Ghazouani prône la retenue diplomatique.

« Si certains pensent qu’une confrontation armée avec le Mali peut résoudre le problème, nous pensons, au contraire, qu’elle ne ferait qu’amplifier la complexité de la situation », a déclaré le président.

Il a toutefois rappelé que le Mali traverse une phase d’instabilité chronique, marquée par la prolifération de groupes armés, justifiant ainsi les mises en garde répétées du gouvernement mauritanien demandant à ses citoyens d’éviter de franchir la frontière.

La « Ligne Rouge » et le recours au droit international

Le ministère des Affaires étrangères a emboîté le pas à la présidence par un communiqué d’une rare fermeté. Condamnant des actes « inacceptables », la diplomatie mauritanienne a rappelé que la sécurité de ses citoyens est une « ligne rouge ».

Le gouvernement mauritanien exige désormais :

Une enquête urgente, transparente et crédible de la part des autorités maliennes.

L’identification et le jugement des auteurs de ces exactions.

La fin immédiate des violations réitérées ciblant les Mauritaniens depuis quatre ans.

Plus significatif encore, Nouakchott agite désormais le levier juridique. Le communiqué précise que la persistance de ces actes engage la « responsabilité internationale » des autorités maliennes, ajoutant que la Mauritanie « se réserve le droit de prendre toutes les mesures appropriées, conformément au droit international ».

Un contexte régional explosif

Cette crise s’inscrit dans un contexte de lutte antiterroriste intense. L’armée malienne mène depuis plusieurs années de vastes opérations contre les bastions d’Al-Qaïda, notamment la « Force de libération du Macina ». Ces zones de conflit, situées aux confins des frontières mauritanienne et sénégalaise, sont devenues des zones de haute dangerosité où les civils se retrouvent souvent pris entre deux feux ou ciblés par des méprises tragiques.

À l’heure actuelle, Bamako n’a toujours pas réagi officiellement à ces accusations.

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