Mauritanie : L’opposition exige la libération de Mariem Mint Cheikh et Gamou Achour
Crise politique en Mauritanie : l'opposition dénonce l'arrestation des députés Mariem Mint Cheikh et Gamou Achour. Entre immunité parlementaire et autorité de l'État, le parti El Insaf reste ferme.

Mauritanie : L’opposition exige la libération de Mariem Mint Cheikh et Gamou Achour face à la fermeté du pouvoir
NOUAKCHOTT – Le climat politique mauritanien s’alourdit. Suite aux interpellations successives des députés Mariem Mint Cheikh et, plus récemment, de Gamou Achour, les blocs de l’opposition montent au créneau pour exiger leur libération immédiate. De son côté, la majorité présidentielle invoque la sauvegarde de « l’autorité de l’État » face à des dérives verbales jugées inacceptables.
Une vague d’arrestations qui crispe l’hémicycle
Le paysage parlementaire est secoué par une série de procédures judiciaires visant des figures critiques de l’opposition. L’arrestation récente du député Gamou Achour, intervenue peu après celle de sa collègue Mariem Mint Cheikh, a mis le feu aux poudres.
Il est reproché aux deux élues des sorties virulentes sur les plateformes numériques. Des propos jugés insultants et outrageants à l’égard du président de la République ont été le déclencheur de l’action publique. Pour l’opposition, cette succession d’arrestations est une « manœuvre d’intimidation » visant à museler le contrôle parlementaire.
L’opposition vent debout pour l’immunité parlementaire
Dans un communiqué conjoint, les groupes parlementaires de l’opposition ont fustigé ce qu’ils qualifient de violations répétées de l’immunité parlementaire. Ils demandent :
La libération immédiate et inconditionnelle des députés Gamou Achour et Mariem Mint Cheikh.
Le respect des procédures légales, rappelant que le mandat législatif doit protéger l’élu dans l’exercice de sa fonction critique.
La fin de « l’instrumentalisation » des institutions pour régler des comptes politiques.
La réplique du parti El Insaf : « La dignité de l’État est une ligne rouge »
Le parti au pouvoir, El Insaf, a réagi avec une rare virulence. Dans un communiqué officiel, il a exprimé son rejet total des « dépassements (verbaux) » constatés sur les réseaux sociaux.
Pour la majorité, la situation est claire :
Atteinte aux institutions : Le parti considère que les propos de Gamou Achour envers le chef de l’État constituent une « sortie contre les valeurs de la société » et une remise en cause du respect dû aux symboles de la République.
Responsabilité numérique : El Insaf souligne que l’espace numérique ne saurait être une zone de non-droit où l’insulte remplace le débat démocratique.
Appel à la rigueur : Le parti exhorte les autorités compétentes à activer toutes les dispositions légales pour protéger l’unité nationale et sanctionner toute incitation à la discorde.
Un duel entre liberté de parole et prestige de l’État
Cette crise met en lumière une fracture profonde au sein de la classe politique mauritanienne. D’un côté, une opposition qui dénonce un recul des libertés fondamentales ; de l’autre, un pouvoir qui fait de la « Heybet Dawla » (le prestige de l’État) le rempart indispensable contre l’anarchie.
Alors que les dossiers de Mariem Mint Cheikh et de Gamou Achour suivent leur cours, l’opinion publique observe avec attention ce bras de fer qui teste la solidité des institutions démocratiques du pays.
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