Mauritanie : Ghazouani prône la rigueur face à la crise énergétique
Le Président Ghazouani réunit les partis politiques à Nouakchott. Diagnostic de l'économie, fin des subventions illimitées et appel à l'unité nationale.

Crise énergétique
Mauritanie : Face aux secousses du Moyen-Orient, Ghazouani sonne l’heure de la « rigueur nationale »
Le Palais Présidentiel de Nouakchott a été le théâtre, ce vendredi, d’une rencontre cruciale. Face aux chefs de partis politiques, toutes tendances confondues, le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a troqué le protocole habituel pour un discours de vérité. Au menu : l’impact direct des tensions au Moyen-Orient sur l’économie mauritanienne et l’impératif d’un changement de paradigme social. Cette initiative marque une volonté de rompre avec l’unilatéralisme décisionnel pour bâtir un consensus national face à l’incertitude globale. En plaçant la classe politique devant ses responsabilités historiques, le Chef de l’État prépare l’opinion à une ère de sobriété énergétique et de rigueur budgétaire sans précédent. Il ne s’agit plus seulement de gérer une crise passagère, mais de refonder la résilience du pays sur une transparence absolue entre les gouvernants et les citoyens.
Par Rapide info | Nouakchott, le 29 mars 2026
Ce n’était pas une simple visite de courtoisie. En convoquant la classe politique, le Chef de l’État mauritanien a voulu marquer les esprits et, surtout, briser le mur de l’indifférence face à une conjoncture internationale explosive. L’enjeu est de taille : comment protéger une économie encore lourdement dépendante des fluctuations énergétiques mondiales ?
Un diagnostic sans concession : La fin de l’insouciance énergétique
Dès l’entame, le Président a posé un diagnostic lucide sur la « fragilité structurelle » du pays. La Mauritanie, bien que riche en ressources, reste tributaire des importations d’hydrocarbures. Chaque étincelle au Moyen-Orient se traduit par une onde de choc sur les finances publiques mauritaniennes.
Si l’État a jusqu’ici joué le rôle de bouclier grâce à des subventions massives pour maintenir les prix à la pompe et à l’électricité, le message présidentiel est clair : ce modèle n’est plus viable à long terme. Maintenir ces subventions coûte cher, trop cher, au point de réduire drastiquement les marges de manœuvre pour le développement social et les infrastructures.
L’État veut montrer l’exemple : Guerre au gaspillage
Pour faire accepter la pilule de la rigueur aux citoyens, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani mise sur l’exemplarité. Il a annoncé une batterie de mesures visant à instaurer une discipline financière « de fer » au sein de l’administration publique.
- Réduction des dépenses de fonctionnement des ministères.
- Lutte frontale contre le gaspillage des ressources publiques.
- Amélioration de l’efficacité de la dépense, pour que chaque ouguiya investie serve réellement l’intérêt général.
Un appel à l’Union Sacrée
Au-delà de l’aspect technique, cette réunion portait une charge politique forte. Le Président a exhorté les chefs de partis à dépasser les « calculs étroits » pour rejoindre un élan de solidarité nationale. En d’autres termes, l’opposition et la majorité sont appelées à porter un discours de vérité devant les populations.
« La boussole de l’action publique restera l’intérêt supérieur de la nation », a martelé le Chef de l’État.
Le défi est désormais sociétal. Le gouvernement appelle à un changement profond des comportements : consommation d’énergie plus responsable et fin de l’ostentation. La crise actuelle n’est pas seulement un obstacle financier, elle est présentée comme un test de maturité pour la cohésion nationale.
Entre résilience et incertitude
Si le dispositif de suivi ministériel mis en place dès les premiers signes de tension a permis d’amortir le choc initial, l’avenir reste suspendu à l’évolution du baril de pétrole. En misant sur la transparence et la discipline, la Mauritanie tente de transformer cette crise en une opportunité de réforme structurelle.
Le pays saura-t-il transformer ce « moment de vérité » en un véritable moteur de changement ? La réponse dépendra autant de la rigueur de l’État que de l’adhésion d’une classe politique souvent divisée.
Note d’analyse : L’article souligne le passage d’une gestion de crise réactive à une stratégie de communication proactive, où le Chef de l’État cherche à partager la responsabilité de l’austérité à venir avec l’ensemble du spectre politique.



