Mauritanie blogueurs familles : Quand la répression vise les familles des blogueurs
Mauritanie blogueurs familles : l'étau se resserre sur les proches des blogueurs de la diaspora et les militants de l'IRA. Entre arrestations et délation, la frontière entre justice et intimidation s'efface.

Mauritanie blogueurs familles : Les traques qui s’étendent jusqu’aux familles
En Mauritanie, dans la foulée des révélations de blogueurs mauritaniens résidant à l’étranger, dont Sidi Ould Kemache, les arrestations continuent parmi les proches et les familles de ces derniers, ainsi que parmi des journalistes et autres activistes des droits de l’homme.
Désormais, l’étau se resserre autour des familles des blogueurs, comme si leurs proches ou leurs familles étaient coresponsables des accusations formulées par les blogueurs.
La peur est partout. La délation est devenue une stratégie pour neutraliser les ennemis, les adversaires et les opposants politiques, voire un moyen de règlement de comptes.
Cette situation n’est pas sans rappeler celle qui a touché les militants du mouvement IRA. La famille du militant abolitionniste Mohamed Cissé a connu le même sort. Elle a été perquisitionnée et reste toujours dans le viseur des autorités.
Cette pression familiale intervient dans un climat déjà particulièrement tendu. Ces derniers mois, des militants de l’IRA ont été arrêtés après avoir dénoncé notamment un cas présumé d’esclavage ; des organisations internationales de défense des droits humains ont dénoncé des poursuites et des détentions qu’elles considèrent comme arbitraires.
Et l’affaire des blogueurs de la diaspora vient donner à cette séquence une dimension encore plus inquiétante. Le 28 septembre 2026, le frère et la sœur du blogueur Sidi Mohamed Kmach, installé aux États-Unis, ont été interpellés entre Nouakchott et le Gorgol. Aucun motif officiel n’avait alors été communiqué publiquement.
Ainsi se dessine une question que les autorités mauritaniennes ne peuvent éluder : jusqu’où peut aller la réponse de l’État lorsqu’un citoyen critique le pouvoir depuis l’étranger ?
Car lorsqu’un homme est poursuivi pour ses paroles, puis que la pression descend jusqu’à ses frères, ses sœurs et son domicile familial, ce n’est plus seulement la liberté d’expression qui est en jeu. C’est la frontière même entre justice et intimidation.
En Mauritanie, les arrestations de blogueurs et de leurs proches déferlent désormais dans les chroniques. À ceux qui parlent, on répond par des convocations ; à ceux qui persistent, par des arrestations ; et parfois, à ceux qui sont partis, par la pression exercée sur ceux qu’ils ont laissés derrière eux.
Une opinion ne devrait jamais devenir un crime transmissible
IRA Mauritanie



