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Mauritanie: À l’aube du XXIe siècle, il est impératif de regarder notre réalité en face.

La Mauritanie ne peut prétendre au progrès, à la justice et à la dignité tant que persistent, sous des formes visibles ou insidieuses, les pratiques de féodalité et les survivances de l’esclavage.

Ces systèmes, hérités d’un autre âge, continuent de marquer nos rapports sociaux, de limiter des destinées et de compromettre l’unité nationale.
Ce combat n’est pas un slogan, ni une posture. C’est une exigence morale, politique et humaine.
Au peuple mauritanien, nous lançons un appel à la conscience collective : il est temps de briser le silence, de refuser les héritages injustes et de remettre en question les normes qui perpétuent l’inégalité.
Aucun développement durable ne peut se construire sur l’humiliation ou la domination d’une partie de la population.
À l’État mauritanien, revient la responsabilité première.

Il ne suffit pas de légiférer : il faut appliquer les lois avec rigueur, protéger les victimes, sanctionner les pratiques esclavagistes et engager des politiques publiques ambitieuses d’éducation, d’inclusion et de justice sociale. L’État doit être le garant d’une égalité réelle, et non simplement proclamée.
Aux intellectuels, revient le devoir de vérité.
Leur silence ou leur prudence face à ces réalités nourrit l’immobilisme. Ils doivent éclairer, questionner, déconstruire les récits qui banalisent ou justifient l’inacceptable, et participer activement à l’éveil des consciences.

Aux médias, incombe une mission essentielle : informer sans complaisance, donner la parole aux sans-voix, documenter les injustices et contribuer à un débat public honnête et courageux.
Aux organisations de la société civile et aux ONG, il appartient de poursuivre et d’intensifier leur travail de terrain, d’accompagnement des victimes et de plaidoyer, tout en construisant des ponts entre les communautés et les institutions.
La Mauritanie a les ressources humaines, culturelles et spirituelles pour dépasser ces fractures.

Mais cela exige une volonté collective, lucide et déterminée.
Il ne s’agit pas de juger le passé, mais de refuser qu’il continue de dicter notre avenir.
L’histoire nous observe. Les générations futures nous jugeront.
Agissons maintenant, pour une Mauritanie libérée de toute forme de domination, fidèle à ses valeurs de justice, d’égalité.
Abdoulaziz DEME
Le 05 Juin 2026

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