Marche Bleue Banc d’Arguin : le Banc d’Arguin au cœur d’un nouvel engagement écologique
Lancée depuis Arkeiss, la Marche Bleue Banc d’Arguin célèbre les 50 ans du Parc du Banc d’Arguin et met en lumière les ambitions environnementales de la Mauritanie face aux défis climatiques.

À Arkeiss, la « Marche Bleue Banc d’Arguin » ravive l’engagement environnemental de la Mauritanie entre ambition nationale et responsabilité mondiale
Lancée depuis le village côtier d’Arkeiss, au cœur de la wilaya de Dakhlet-Nouadhibou, la Marche Bleue pour la protection de l’environnement marque une nouvelle étape dans la mobilisation autour du Parc National du Banc d’Arguin. À la croisée des discours politiques, des attentes citoyennes et des enjeux écologiques globaux, l’événement révèle à la fois une convergence des volontés et des défis persistants.
Une marche symbolique au cœur d’un sanctuaire écologique
Ce lundi, le littoral mauritanien s’est animé d’un élan collectif avec le coup d’envoi de la Marche Bleue, organisée depuis Arkeiss, localité relevant de la moughataa de Chami. L’initiative s’inscrit dans les activités commémoratives du cinquantième anniversaire du Parc National du Banc d’Arguin, l’un des joyaux écologiques de l’Afrique de l’Ouest.
Ces célébrations avaient été officiellement lancées par le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, lors de la quatorzième édition du Festival des Cités du Patrimoine à Ouadane, en décembre 2025. Un cadre culturel qui, déjà, traduisait la volonté de l’État de lier mémoire, patrimoine et durabilité.
Au-delà de la dimension festive, la marche apparaît comme un signal politique : celui d’une Mauritanie désireuse de consolider sa place dans les dynamiques environnementales internationales.
La Première Dame appelle à préserver l’équilibre de l’océan
Dans une intervention vidéo, la Première Dame, Dr. Mariem Fadhel Dah, a souligné que cette commémoration « réaffirme l’importance de préserver la diversité et l’équilibre environnementaux » dans cette zone maritime stratégique.
Elle a rendu hommage aux communautés du Banc d’Arguin, dont les modes de vie témoignent d’une adaptation progressive aux impératifs de conservation. Ces populations, souvent décrites comme les gardiennes silencieuses du parc, incarnent une forme de cohabitation entre tradition et protection écologique.
Son message a également mis en lumière le rôle des partenaires nationaux et internationaux, rappelant que la sauvegarde d’un tel écosystème dépasse les frontières.
Une vision politique tournée vers l’économie bleue
Pour Mokhtar El Houceinou Lam, ministre chargé du secrétariat général du Gouvernement, la Marche Bleue s’inscrit directement dans la vision présidentielle visant à faire de l’économie bleue un levier de croissance et de prospérité.
Cette orientation stratégique n’est pas anodine. Dans un contexte mondial marqué par la surexploitation des ressources marines et les effets du changement climatique, la mer devient un espace économique autant qu’un enjeu de souveraineté.
Le ministre a insisté sur la portée mondiale du Banc d’Arguin — l’une des plus vastes zones humides de la région — abritant une biodiversité exceptionnelle et des milliers d’oiseaux migrateurs. Sa protection, a-t-il rappelé, relève d’une responsabilité nationale appuyée par des coopérations internationales.
Culture, identité et développement durable : un récit national en construction
Le porte-parole du Gouvernement et ministre de la Culture, El Houssein Ould Meddou, a replacé l’initiative dans une narration plus large : celle d’un pays qui cherche à associer culture, patrimoine et développement durable.
Selon lui, préserver le patrimoine naturel contribue à renforcer la position de la Mauritanie sur la carte culturelle et environnementale mondiale. Une ambition qui reflète une tendance contemporaine : faire de l’identité nationale un vecteur d’ouverture plutôt qu’un repli.
L’événement incarne également, a-t-il ajouté, l’engagement croissant de la société civile dans la défense des ressources naturelles — un indicateur souvent perçu comme un signe de maturité environnementale.
Entre convergence des discours et réalité des défis
La ministre de l’Environnement et du Développement durable, Messouda Baham Mohamed Laghdhaf, a rappelé que la Mauritanie a ratifié plusieurs conventions internationales relatives au climat et à la protection de la nature.
Sur le terrain toutefois, les défis restent multiples :
- pression sur les ressources halieutiques,
- risques liés à l’industrialisation côtière,
- vulnérabilité face à la montée des eaux,
- nécessité d’un équilibre entre développement économique et conservation.
La convergence des discours officiels autour de la durabilité contraste parfois avec les contraintes opérationnelles auxquelles sont confrontées les politiques publiques environnementales — un écart que les observateurs jugent déterminant pour la crédibilité future des engagements.
Une mobilisation locale aux résonances globales
Le maire de Chami, Mohamed Ould Abdelkader, a tenu à rappeler que la marche dépasse le simple cadre sportif ou récréatif. Elle porte un message de sensibilisation destiné à ancrer une culture de protection des écosystèmes côtiers.
Le choix du Banc d’Arguin n’est pas fortuit : classé patrimoine mondial par l’UNESCO, il constitue un laboratoire naturel où se joue une partie de l’avenir écologique du Sahel atlantique.
La présence de responsables administratifs, d’acteurs régionaux, de partenaires internationaux et même du maire de la commune de Paris témoigne de l’intérêt croissant que suscitent les politiques environnementales mauritaniennes.
Le Banc d’Arguin, miroir des ambitions écologiques mauritaniennes
À cinquante ans, le parc apparaît comme un baromètre : celui de la capacité du pays à conjuguer croissance et préservation.
La Marche Bleue Banc d’Arguin révèle ainsi une double dynamique :
Convergence, d’abord — entre autorités, citoyens et partenaires — autour d’un récit écologique partagé.
Divergence, ensuite — entre l’ampleur des engagements affichés et la complexité de leur mise en œuvre dans un environnement soumis à des mutations rapides.
Mais une certitude demeure : dans un monde où la diplomatie environnementale devient un marqueur d’influence, la Mauritanie semble vouloir transformer ses richesses naturelles en capital stratégique.
Reste désormais à savoir si cette mobilisation symbolique saura se traduire en politiques durables capables de protéger, pour les générations futures, ce sanctuaire où désert et océan se rencontrent.
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