Libye : polémique après des propos de la ministre des Affaires étrangères sur le départ des mercenaires

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La ministre des Affaires étrangères libyenne Najla al-Mangoush lors d’une conférence de presse avec son homologue turc à Tripoli,le 3 mai. AFP – MAHMUD TURKIA
Texte par : RFI
La communauté internationale appelle avec insistance les mercenaires et les forces étrangères à quitter le pays qui s’enlise depuis dix ans dans un conflit sans fin. Ankara se défend toujours en affirmant que sa présence militaire en Libye est légale.

Les déclarations en début de semaine à Tripoli de la ministre libyenne des Affaires étrangères, Najla al-Mangoush sur la nécessité du départ de tous les mercenaires a suscité une polémique dans l’ouest libyen.

C’est durant la conférence de presse commune avec son homologue turc, que Najla al-Mangoush a rappelé la nécessité du retrait de tous les mercenaires étrangers du sol libyen. Mais Mevlüt Çavuşoğlu a affirmé au contraire que la présence des forces turques à Tripoli était tout à fait légale au vu de l’accord signé avec le gouvernement Sarraj.

Depuis, la ministre libyenne est violemment attaquée et menacée par les milices rattachées aux frères musulmans et alliées à la Turquie. Certains appellent à sa démission.

« Nous sommes étonnés de la position de la ministre qui met les forces turques suppléantes au même rang que les Wagners et les Janjawid » écrit le chef d’une milice à Tripoli. Un autre, à Misrata tient exactement le même discours qu’Ankara : la présence turque est légale.

Quant à l’ancien mufti de Tripoli, chef spirituel des milices islamistes, il appelle à manifester par milliers pour « protester contre la ministre et défendre la Turquie » seul soutien rajoute-t-il « face aux forces du maréchal Haftar, qui étaient alors à deux doigts d’entrer dans Tripoli ».

L’exécutif provisoire n’a ni la capacité ni les prérogatives pour imposer ce retrait qui devra attendre l’installation du prochain gouvernement élu.

Des élections sont espérées pour le 24 décembre prochain, la date a été arrêtée par les Nations unies lors de l’accord de Genève à l’automne dernier, mais l’agenda a pris beaucoup de retard. L’application des décisions de Genève aussi, ce qui rend l’organisation des élections avant la fin de l’année très peu probable.
RFI