Les pays francophones se réunissent pour un sommet en Tunisie au milieu des préoccupations démocratiques

Les pays francophones se réunissent pour un sommet en Tunisie au milieu des préoccupations démocratiques

Le club mondial des pays francophones se réunira à partir de samedi en Tunisie pour des pourparlers axés sur la coopération économique, plus d’un an après que le président Kais Saied a entamé une prise de pouvoir internationalement critiquée.

Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement, dont le président français Emmanuel Macron, son homologue sénégalais Macky Sall et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, doivent assister au sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) sur l’île balnéaire de Djerba, dans le sud de la Tunisie.

Alors que le sommet de deux jours et un forum économique associé se concentreront officiellement sur le rôle de la technologie numérique dans le développement, ce sera également l’occasion pour les dirigeants occidentaux et africains de discuter de questions telles que l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

De nombreux pays africains ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un manque de solidarité internationale face aux crises sur leur continent, en contraste frappant avec le soutien rapide des nations européennes à Kyiv.

Le sommet coïncide avec la dernière étape des pourparlers de l’ONU sur le climat en Égypte et intervient quelques jours seulement après la rencontre des dirigeants du G20 en Indonésie pour une réunion dominée par la guerre en Ukraine, qui est un État observateur de l’OIF.

Normalement tenue tous les deux ans, la réunion a été reportée en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, puis l’année dernière après que Saied a limogé le gouvernement et suspendu le parlement, dissolvant ensuite entièrement la législature.

Accueillir le sommet est un « succès » pour Saied, a déclaré le politologue français Vincent Geisser.

Cela le verra « sortir de son isolement – au moins temporairement », a déclaré Geisser à l’AFP, après que le Canada, la France et d’autres pays développés ont appelé l’an dernier Saied à rétablir « l’ordre constitutionnel ».

Coopération économique
Le sommet célébrera tardivement le 50e anniversaire du groupe désormais fort de 88 membres dont les membres, comme l’Arménie et la Serbie, ne sont pas tous francophones.

La communauté francophone mondiale compte environ 321 millions de personnes et devrait plus que doubler pour atteindre 750 millions en 2050.

La secrétaire générale Louise Mushikiwabo, du Rwanda, qui est candidate à sa réélection, a déclaré que le bloc est « plus pertinent que jamais » et capable d’apporter une valeur ajoutée à « la plupart des problèmes du monde ».

Elle a déclaré à l’AFP qu’elle demanderait aux Etats membres de « redoubler d’efforts » face au recul de l’usage de la langue française dans les organisations internationales, et a rappelé que promouvoir « la paix, la démocratie et les droits de l’homme » fait également partie de la mission de l’OIF. .

La figure de la société civile sénégalaise Alioune Tine a plutôt critiqué le bilan de l’OIF en matière de médiation de crise internationale.

Le groupe s’est montré « totalement impuissant face aux élections frauduleuses, aux troisièmes mandats (de dirigeants africains) et aux coups d’État militaires » au Mali, en Guinée, au Tchad et au Burkina Faso, a-t-il déclaré.

Le coordinateur du sommet, Mohamed Trabelsi, a déclaré à l’AFP que la rencontre était « une reconnaissance du rôle de la Tunisie dans l’espace francophone, et de sa diplomatie régionale et internationale ».

C’est aussi une opportunité de « renforcer la coopération économique », a déclaré Trabelsi.

Mais un responsable du poids lourd de l’OIF Canada a déclaré qu’Ottawa voulait faire écho à la « préoccupation » concernant la « participation démocratique » à la suite de la prise de pouvoir de Saied dans la seule démocratie à avoir émergé des soulèvements du printemps arabe il y a plus de dix ans.

La Tunisie est confrontée à une crise économique profonde qui a poussé un nombre croissant de ses habitants à tenter de gagner l’Europe.

Cherchant à attirer l’attention des délégués sur la question, des centaines de manifestants ont tenté vendredi de mettre en lumière la disparition de 18 Tunisiens à bord d’un bateau parti en septembre. La police les a empêchés d’atteindre Djerba.

AFP
France 24

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