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Les ombres et lumières de la Gouvernance : un voyage entre Aziz et Ghazouani

Les ombres et lumières de la Gouvernance : un voyage entre Aziz et Ghazouani

La Mauritanie, terre de contrastes et d’horizons, a vu fleurir des métamorphoses notables dans son jardin gouvernant depuis l’accession au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz en l’an 2009, suivi par l’ombre portée de son successeur, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en 2019. Il m’incombe, tel un chroniqueur des temps modernes, d’analyser ces deux mandats en éclairant tant les continuités que les ruptures au sein des politiques publiques, de la gestion des ressources et des relations avec le tissu vivant de la société civile.

Gouvernance sous Mohamed Ould Abdel Aziz : entre promesses et déceptions

Le règne de Mohamed Ould Abdel Aziz a été un tableau peint de couleurs vives, où la volonté de moderniser le pays et de ferrailler l’économie s’est manifestée avec éclat. Sous son ciel, la Mauritanie a vu son économie croître comme une plante assoiffée de lumière, grâce à l’exploitation de ses trésors naturels : minerai de fer et pétrole. Mais dans l’éclat de cette croissance, l’ombre des accusations de corruption s’est insinuée, ternissant le tableau. Ce chef d’orchestre, souvent critiqué pour sa concentration des pouvoirs, a fait vibrer les cordes d’un exécutif au mépris des institutions démocratiques.

Sur la toile sociale, Ould Abdel Aziz a tenté de dessiner des infrastructures et des projets de développement, mais ces initiatives, telles des coups de pinceau inégaux, ont souvent favorisé certaines régions au détriment d’autres. La répression des dissentiments a, quant à elle, assombri la scène, soulevant de lourdes questions sur le respect des droits et des libertés, tel un nuage menaçant sur un ciel autrement radieux.

Transition vers Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani : une promesse de renouveau ?

L’élection de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a été accueillie comme une brise fraîche, un espoir de changement. Ancien chef d’état-major, il a promis de poursuivre les réformes tout en injectant une nouvelle essence dans l’art gouvernant. Son mandat, débutant sous la bannière de la continuité, s’est engagé dans la lutte contre la corruption et la quête d’une gouvernance vertueuse. Il a, de surcroît, mis en avant le dialogue avec la société civile, rappelant que le tissu national se tisse aussi d’écoute et de collaboration.

Cependant, les défis persistent tels des échos lointains. Malgré des efforts notables pour diversifier l’économie et réduire la dépendance aux ressources naturelles, le concret se fait encore désirer. Les promesses de transparence et d’inclusivité semblent flotter dans les airs, sans avoir encore touché le sol fertile du peuple, tandis que les tensions sociales, comme des vagues sur un rivage, demeurent, exacerbées par des inégalités régionales et les droits des minorités.

Comparaison et perspectives : Un chemin partagé vers l’avenir

En scrutant les présidences de ces deux hommes, il apparaît que comme un miroir déformant, malgré des efforts pour améliorer la gouvernance sous Ould Cheikh El Ghazouani, les défis structurels hérités de l’ère Ould Abdel Aziz continuent de projeter leur ombre. La lutte contre la corruption et l’appel à la transparence se dessinent comme des enjeux centraux pour regagner la confiance d’un peuple avide de promesses tenues.

La gestion des ressources naturelles et la quête d’un développement inclusif se dressent en véritables défis à relever. La capacité du nouveau président à naviguer ces eaux tumultueuses, tout en respectant les droits humains et en stimulant un dialogue constructif avec la société, sera la clef d’un avenir politique et économique prometteur pour la Mauritanie.

Ainsi, la gouvernance de Mohamed Ould Abdel Aziz et celle de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani se révèlent comme un jeu de miroirs, où se mêlent continuités et ruptures. Alors que le pays rêve d’un lendemain empreint de démocratie et d’inclusivité, il est impératif que les dirigeants, d’hier et de demain, tirent les leçons du passé pour forger une Mauritanie plus juste et prospère.

Ahmed Ould Bettar

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