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Les 19 évoquaient déjà la communauté noire et la communauté blanche.

Les 19 évoquaient déjà la communauté noire et la communauté blanche.

L’introduction de l’enseignement de la langue arabe au secondaire par le gouvernement mauritanien en 1966 a entraîné une fracture nationale toujours béante.
Déjà, en réaction à cette ‘provocation’, 19 cadres politiques négro-mauritaniens, majoritairement peuls et toucouleurs, ont brandi leur bouclier en affirmant que les autorités nationales cherchaient à ‘’couper la communauté noire de l’ensemble négro-africain et à réaliser ainsi l’assimilation des Noirs ’’.
Ainsi, ils ont exprimé leur volonté de revoir les règles du vivre-ensemble, en sollicitant des garanties constitutionnelles pour prévenir l’assimilation, pour répartir le pouvoir et pour ériger un État fédéral.
Les auteurs de cette ligne de fracture permanente n’ont pas obtenu gain de cause, mais ils ont rapidement été réhabilités et ont eu de belles carrières politiques et administratives : ministres, ambassadeurs, gouverneurs, etc.
Peu importe, le communautarisme racial est en marche. À l’heure actuelle, il revient à la charge. Il est toujours déterminé à instaurer une République des ethnies et des races, et son entrée en matière est toujours la question linguistique.
Pourtant, en lisant le tract des 19, qui a fondé le communautarisme noir, on constate de manière frappante l’absence d’intérêt pour les langues nationales, comme si elles n’existaient pas ou n’étaient pas en mesure d’assurer la communication et de rassembler les négro-africains.
Il s’agissait d’une incohérence grave que les nationalistes pulaars de la nouvelle génération souhaitent corriger. Ils revendiquent à présent l’officialisation du pulaar, du soninké et du wolof, sans conviction.
Premièrement, selon les ingénieurs de la discorde nationale, ‘’l’étude obligatoire de la langue arabe est pour les Noirs une oppression culturelle’’.
Deuxièmement, le bilinguisme en langues arabe et française est perçu comme ‘’une trahison permettant d’écarter les citoyens Noirs de toutes les affaires de l’Etat’’.
Donc, les nationalistes noirs mauritaniens, même sans le mentionner explicitement dans leur lettre, ne se concentraient que sur l’utilisation exclusive du français. C’est en effet toujours le cas pour la grande majorité de cadres négro-mauritaniens.
Néanmoins, ils considèrent qu’il est crucial d’instaurer le plurilinguisme officiel, qui n’est pas en vigueur dans toute la sous-région, pour que l’État mauritanien devienne binational, arabe et négro-africain, dans le cas où il ne serait pas de type fédéral, comme les 19 l’avaient souhaité.
Sauf que la question, la vraie, la seule qui vaille d’être abordée n’est pas au fond des choses la question linguistique, mais celle du partage de l’État entre les ethnies qui composent sa population pour en faire un nouveau ‘Liban’.
Sommes-nous partants ?
Quoi qu’il en soit, les palliatifs, les compliments, le dilatoire et l’esquive ne seront jamais à la hauteur du défi national.
Sans éradiquer le communautarisme racial, nous allons droit dans le mur.

Ely Ould Sneiba
Le 27 février 2026

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