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Le sujet de Lagouira est une manœuvre de diversion.

Le sujet de Lagouira est une manœuvre de diversion.

Quand les visiteurs du soir ont réalisé que mettre à jour les revendications du courant nationaliste pulaar en ce moment lors d’un troc interracial aux termes encore obscurs serait comme réveiller le démon des années soixante et raviver les ‘’flam’’ de la discorde nationale, ils ont introduit par effraction la question de Lagouira dans le débat national.
Des plumes qui témoignent d’un patriotisme sincère ont jugé qu’il était opportun de discuter de ce sujet remis ainsi à l’ordre du jour par les experts nationaux en dissensus, qui s’engagent à satisfaire les héritiers des 19 et les auteurs du ‘’ Manifeste du négro-mauritanien opprimé ‘’.
Quel est le but de leur manœuvre, au juste ?
Leur objectif est de déplacer le centre de gravité de la crise qui se profile en détournant l’attention de l’élite arabo-mauritanienne. Il s’agit de mettre en opposition les Maures aux Maures, comme cela s’est produit lors de la guerre du Sahara, moins de dix ans après les événements interraciaux de 1966.
En effet, la Mauritanie dispose d’un vaste territoire terrestre et d’une longue côte maritime. Quelques kilomètres supplémentaires ne sont vraiment pas un acquis important.
Oui, mais la Mauritanie pourrait être menacée si les Marocains prennent le contrôle de Lagouira, soutiennent-ils !
Depuis quand la contigüité entre les États pose-t-elle problème ?
Pourtant, Rosso-Mauritanie et Rosso-Sénégal, tout comme d’autres villes mauritaniennes et sénégalaises le long du fleuve, ne sont séparées que par ce cours d’eau, qui sera bientôt enjambé par un pont.
Aussi, dans de nombreuses villes en Europe, il est possible de faire un premier pas dans un pays et un deuxième dans un autre, les frontières étant simplement délimitées par une ligne de démarcation jaune. Exemples : Suisse et France, Belgique et Pays-Bas, etc.
Le problème se situe ailleurs.
Outre la diversion, il y a également une autre crainte sous-jacente.
Une fois que les Marocains auront emménagé à Lagouira, l’État profond mauritanien redoute de voir un bijou d’urbanisme surgir des terres sahraouies : une ville propre, prospère et bien ordonnée, sous le regard de nos dirigeants. Il a peur d’apercevoir le TGV marocain arriver en gare à deux pas de notre capitale économique. Il refuse de voir comment les pays se construisent de manière appropriée devant lui.
Dans cette perspective, il serait normal que l’establishment perçoive de mauvais œil une telle proximité, car Lagouira serait perçue comme une vitrine négative, renvoyant une mauvaise image de nous-mêmes.
Malheureusement, en Mauritanie, les bons exemples ne sont pas appréciés. Un cadre qui se distingue par son abnégation, sa rectitude, sa rigueur morale et son dévouement national est tout simplement bloqué dans son ascension. On lui préfère un béni oui-oui sans scrupule, un égoïste dévastateur, un détourneur du bien public insatiable…

Ely Ould Sneiba
Le 11 mars 2026

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