Le professeur Lo Gourmo, 1er vice président de l’UFP a écrit à propos du projet de loi sur cybercriminalité :

Pr Lo Gourmo Abdoul
Pr Lo Gourmo Abdoul

Le professeur Lo Gourmo 1er vice président  de  l’UFP a  écrit  à propos du projet de loi sur cybercriminalité :

Le projet de loi sur la cybersécurité qui sera soumis à l’Assemblée Nationale devra être nécessairement remanié pour le rendre conforme aux principes fondamentaux de la République qu’il est susceptible de compromettre dangereusement  dans certaines de ses dispositions essentielles.

 Par exemple, qu’est qu’une  » atteinte au moral de l’armée et des forces de sécurité »? Un des grands cadres de ce pays avait été mis au bagne par M. Ould Abdel Aziz pour avoir critiqué la transformation du BASEP en milice au service politique d’un homme.

La dénonciation du comportement de certaines  » forces de l’ordre » le long de la vallée ou ailleurs, constitue t’elle une infraction  de cette nature? La dénonciation du clanisme, du tribalisme, du régionalisme, de l’ethnocentrisme etc constitue-t-elle une atteinte à l’unité et à la concorde nationales ?

 La revendication d’une autonomie régionale voir du fédéralisme est-elle une atteinte  à une telle  l’unité et à une telle concorde nationales ? Qu’est- ce qu’une  » insulte » pour qu’elle puisse être invoquée par rapport aux « symboles » de la nation? Qui a dit que le Chef de l’Etat est un  » symbole de la nation « ? Et le Parlement ? Et le Président de la Cour Suprême? Et celui du Conseil constitutionnel ? Etc…

Tout le monde comprend qu’il faut une lutte intransigeante contre la cyberdélinquance et qu’internet est devenu en grande partie, un égout puant la haine et le chaos. Mais cette lutte  ne sera productive que dans le respect des libertés démocratiques et des exigences de leur sauvegarde.

Il faut débattre de ces questions dans le pays et ne pas imposer un point de vue unilatéralement. Au Parlement bien  sûr et les députés doivent prendre au sérieux leur rôle et se souvenir que l’histoire rattrape toujours ceux qui veulent ruser avec elle.

Mais le débat démocratique devra s’ouvrir au delà du cercle parlementaire. Cette question est d’abord celle de l’opinion publique et de ce qu’il est convenu d’appeler la société civile. Et ce débat urge.