Le problème du Sahara occidental : un conflit entre qui et qui ?

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par Mohamed BOUHOUCH (son site)

samedi 17 avril 2021

Le Sahara occidental, le Polisario, le Maroc, l’Algérie, sont des vocables qui reviennent, à travers le monde et depuis plus de 45 ans, dans des articles de journaux, des émissions de radio et de télévisions. Ce sont là également des questions évoquées devant un certain nombre d’institutions internationales : le Conseil de Sécurité, l’ONU, l’Union Africaine, les organisations des droits de l’homme, le tribunal international, bref à chaque coup et dans toutes les occasions de rencontres régionales et mondiales.

 * Qui est derrière l’inscription de la question du Sahara devant toutes ces instances ? C’est l’Algérie.

 * Qui arme les soit disant combattants du Polisario ? Qui dépense des milliards de dollars pour l’entretien, et l’administration de ces organisations anti- marocaines ? C’est encore l’Algérie.

 * Qui s’oppose à toute solution juste et équitable de ce conflit ? C’est toujours l’Algérie.

  L’Algérie s’élève avec véhémence, impétuosité, voire même une certaine agressivité, contre toute attitude de pays étrangers, organisations ou média, qui osent exprimer une opinion favorable à la proposition marocaine d’autonomie, comme solution au problème de ce Sahara occidental. La France est traitée d’ennemi chaque fois qu’un responsable ou un média français se permet de parler de la situation lamentable que vivent les sahraouis séquestrés à Tindouf. Le dernier report de la visite du 1er ministre Français, Jean Castex n’a, en réalité, d’autre explication que la dernière déclaration d’un membre de gouvernement qui a soutenu la position marocaine. A rappeler également que même le président Macron n’a pas été épargné à la suite de l’ouverture à Dakhla, 2e ville du Sahara, d’un bureau du parti « la République en marche ».

    Certes, l’Algérie compte un grand nombre de pays amis dans le monde. Elle a des relations historiques avec la France, des rapports stratégiques, et économiques importants, notamment avec la Russie et la Chine. Elle a également de bonnes relations avec des pays africains et sud-américains. Tous ces pays amis ne veulent en aucun cas, prendre des positions fâcheuses contre les gouvernants d’Alger. Mais tous ces Etats commencent aujourd’hui à se demander où va l’Algérie. Pourquoi prend-elle autant de risques pour la sécurité et le bien-être de ses citoyens ? Pourquoi se ruine-t-elle à financer un mouvement sahraoui dont l’audience à l’échelon international est de plus en plus réduite. ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à maitriser sa rancune contre un pays voisin auquel elle est liée par la religion, la langue, les traditions et un avenir commun ? Toute l’activité diplomatique de l’Algérie est actuellement consacrée à la question du Sahara. Le ministre des Affaires Etrangères Sabri Boukadoum passe son temps à sauter de pays en pays pour plaider l’indépendance du Sahara.

 Les responsables algériens, y compris le chef de l’Etat en personne, se mettent tous de la partie pour lancer, presque quotidiennement, des attaques virulentes contre le Maroc, ne ménageant ni ses hommes ni ses institutions. Ils en veulent à tous les pays qui reconnaissent la marocanité du Sahara ou optent pour la solution d’autonomie. Mais qu’ils le veuillent ou non, la tendance générale de la grande partie du monde est favorable à la position marocaine. Personne ne veut, en effet, d’un mini Etat au Maghreb, une nouvelle entité, taxée au départ, d’organisation qui a des rapports étroits avec les groupes subversifs du Nord du Mali et du Niger, une formation qui risque d‘infecter toute la région et notamment cette partie du Continent qui constitue pour l’Europe, un accès à tous les pays de l’Afrique occidentale.

 Penchons-nous maintenant sur la voie suivie par l’Algérie depuis le début de ce conflit, et la solution prônée par ses gouvernants militaires, à savoir l’organisation d’un vote d’auto- détermination. Nous avons déjà consacré un article à ce sujet et expliqué l’impossibilité des belligérants de se mettre d’accord sur le nombre des sahraouis qui auraient le droit de participer au vote. Le Maroc compte en effet des milliers de personnes originaires du Sahara occidental qui avaient fui la colonisation espagnole pour se réfugier à l’intérieur du Maroc. L’Etat marocain exige également de s’assurer de l’origine des personnes séquestrées à Tindouf et dont une grande partie, pour ne pas dire la majorité, sont d’origine mauritanienne, malienne et nigérienne. Cette difficulté a été reconnue par l’Organisation des Nations Unies qui a opté, depuis lors, pour une solution négociée, acceptée par toutes les parties. D’où l’impasse. L’Algérie s’obstine et s’accroche fiévreusement à sa position, pourtant irréalisable de l’organisation d’un référendum d’auto- détermination. En tant que spécialiste du trafic des élections, elle croit que le Maroc va accepter ce genre de pratique parodique.

  Tous les pays et notamment les grandes puissances n’arrivent pas comprendre les raisons de cet entêtement des militaires d’Alger.

 * Est-ce le souvenir amer des défaites d’Amgala ?

 * Est-ce le rêve fou d’accéder à l’océan atlantique ?

 * Est-ce pour détourner l’opinion algérienne de la situation catastrophique que traverse le pays ?

 * Est-ce la peur de perdre le pouvoir devant une pression populaire de plus en plus forte ?

  Dans tous les cas et quelle que soit la raison de son engagement dans ce conflit contre le Maroc, l’Algérie est actuellement l’objet de moult interrogations. Officiellement ses dirigeants expliquent leur implication dans ce dossier du Sahara par leur devoir de défendre les droits d’un peuple à l’autodétermination. Ils prétendent également, et jusqu’à présent, que l’Algérie n’est pas partie prenante dans l’affrontement qui oppose le Maroc au Polisario. C’est là une affirmation difficile à tenir.

 Le Polisario est un groupe de mercenaire de 20.000 individus environ, recrutés en majorité par l’Algérie dans ses pays limitrophes. Prétendre qu’il tient tête depuis 45 ans à un pays de 40 millions d’habitants et une armée de professionnels, super équipée, est tout simplement une hérésie. N’allons donc pas trop loin. Le conflit est bel et bien un problème entre l’Algérie et le Maroc. Il ne peut donc être résolu que par des pourparlers directs entre ces deux pays.

 Jusqu’à quand l’Algérie va-t-elle persister dans sa position de ni guerre ni paix et ses attaques contre les partisans d’une autonomie des Sahraouis ? D’ailleurs, à supposer même que les USA retirent leur reconnaissance de la marocanité du Sahara et que l’ONU s’éternise, encore quarante autres années, dans cette position hésitante pour satisfaire tous les belligérants. Qu’est-ce que cela va changer dans la situation ? Le Maroc va continuer à développer son Sahara, les grands pays s’investiront les uns après les autres dans la région, d’une manière ou d’une autre. Et l’Algérie, quant à elle, va continuer à se ruiner.

 C’est peut être, en fin de compte, une bonne chose pour le peuple algérien qui verra, très prochainement, disparaître ce régime impopulaire.

Source : agoravox

SourceURL : https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-probleme-du-sahara-occidental-232425