Le MPEM est-il en villégiature à Nouadhibou ?

vis MPEM
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Le MPEM est-il en villégiature à Nouadhibou ?

Comme c’est l’accoutumée, à chaque fois qu’un mouvement a lieu au sein du gouvernement, les nouveaux ministres s’empressent de prendre contact avec les départements qui leur sont affiliés. Et le Ministre des Pêches et de l’Economie Maritime (MPEM) ne déroge pas à la règle. Ceci d’autant vrai qu’il pourrait fuir un peu la canicule qui s’empare, depuis le début de ce mois, tant de Nouakchott que des autres régions du Tagant, des deux Hodhs, de l’Adrar et du Tiris Zemmour.

A part la ville de Nouadhibou où le climat est plus clément, les autres parties de la Mauritanie sont actuellement en hausse vertigineuse de température. Bref, le nouveau ministre en visite à Nouadhibou durant 6 jours va profiter de son climat mais en même temps doit pouvoir discuter avec les acteurs du secteur halieutique afin de trouver des solutions adéquates aux problèmes posés. Il s’agit de la surexploitation des cephalopodes en particulier le poulpe qui est un produit très prisé et à valeur ajoutée puisque bien vendu à l’extérieur. Mais voilà les derniers constats font que ce produit est devenu rare. Il faut rechercher les causes. Certains mettent en avant certaines sociétés qui pêchent illégalement ce produit qui a été octroyé spécifiquement aux nationaux par les pouvoirs publics, en particulier aux artisanaux, pour en profiter mais une concurrence déloyale s’est installée dans le secteur. On pointe du doigt certaines sociétés apparemment intouchables telles que Sunrise, Poly Hong Dong et les turcs. Toujours est-il que l’IMROP l’institution qui s’occupe de la recherche et du suivi des produits halieutiques a conseillé les pouvoirs publics d’entamer un arrêt biologique cette fois pour trois mois de la mi-avril à la mi-juillet. Probablement l’IMROP a compris qu’il va falloir une longue durée d’arrêt pour la régénération et la reproduction du poisson après plusieurs périodes de surexploitation. D’autres grands défis attendent le nouveau ministre qui vient d’un département non moins bruyant et assourdissant : désertions des pêcheurs artisanaux du secteur lui préférant l’orpaillage, manifestations récurrentes des pêcheurs qui veulent pêcher de la courbine haut de gamme et à valeur ajoutée tant au niveau local qu’à l’étranger, les cris stridents des populations face à la multiplication des usines Moka emplissant la ville d’odeurs nauséabondes, les stratégies moribondes qui se font et qui ne sont pas appliquées. C’est dans ce contexte délétère que le MPEM M Dy ould Zein est arrivé pour prendre contact avec les différentes directions du secteur. Lors de cette visite, aux premières heures de son contact, le MPEM a dit que les facilités non nécessaires n’existant plus, il est temps d’appliquer les lois en toute transparence. Il dira aussi que la richesse halieutique est ouverte à tout mauritanien qui veut y investir pourvu qu’il respecte les lois en vigueur et l’Etat est prêt à le protéger et à l’encourager dans son investissement En fait il dira que c’est cela le but de sa visite à Nouadhibou, en plus de l’évaluation des capacités du secteur, de la mise en place des stratégies en vue (encore) , de voir l’état d’avancement des activités, d’ouvrir des échanges et concertations avec tous les acteurs du secteur (syndicaux, économiques) en mettant en relief une gestion rationnelle de la ressource avec une meilleure implication du produit. Pour ce faire, la première visite du MPEM était l’ONISPA qui a pour rôle le suivi l’inspection du produit. Le ministre a demandé plus d’efforts dans le travail car l’ONISPA est pour lui le poumon du secteur. Et dans 15 jours, le département doit informer sur les obstacles qui sont un frein à leurs travaux. Le ministre avait continué son périple en visitant tour à tour la SMCP qui s’occupe de la commercialisation du poisson en particulier le poulpe et surtout des Garde-côtes Mauritaniennes ; ceux-là qui sont les véritables surveillants de nos côtes et qui sans eux l’arrêt biologique n’a pas de valeur. C’est le vendredi 11 juin que le ministre a visité l’IMROP la structure recherche en matière de pêche et l’incontournable Société d’Elaboration des Produits Halieutiques (SEPH) de Abass Bougherbal et fils, une société d’élaboration des pélagiques financée par la BEI née depuis près d’un quart de siècle à Nouadhibou et qui joue un rôle fondamental à Nouadhibou. Rappelons que le MPEM restera à Nouadhibou durant 6 jours. C’est la plus longue visite qu’a entamée un ministre des pêches du 9 au 15 juin. Il va clôturer sa visite par l’EPBR et le PAN deux structures qui gèrent des domaines strictement en rapport avec le secteur halieutique mais qui sont rattachées à l’Autorité de la Zone Franche de Nouadhibou (voir programme visite). Synthèse A.S

nordinfo