Le moral des ménages reprend des couleurs au premier trimestre

Les Marocains sont nombreux à considérer que leur situation financière va s’améliorer au cours des 12 prochains mois

Le moral des ménages remonte. Après une année inédite marquée par une crise sanitaire, économique et sociale sévère qui a mis à mal des pans entiers de l’économie nationale, l’indice de confiance des ménages (ICM) s’est nettement amélioré au premier trimestre 2021.

Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), qui vient de dévoiler les résultats de son enquête permanente de conjoncture auprès des ménages au titre du premier trimestre, l’ICM s’est, en effet, établi à 68,3 points, au lieu de 61,2 points enregistrés le trimestre précédent et 75,7 points une année auparavant.

Si ces données confirment à l’évidence la remontée du moral des Marocains au cours des trois premiers mois de l’année, faut-il pour autant en déduire que cela augure d’un retour à la situation d’avant-crise ? Loin s’en faut puisque les mêmes résultats suggèrent une dégradation par rapport au même trimestre de l’année passée.

Dans le détail, au premier trimestre, 64,8% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 20,9% un maintien au même niveau et 14,3% une amélioration.

Les ménages ne sont pour autant pas si pessimistes puisque 39,2% d’entre eux s’attendent à une amélioration du niveau de vie au cours des 12 prochains mois. Ils sont 26,0% à s’attendre à une dégradation et 34,8% à un maintien au même niveau.

Selon le HCP, le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit ainsi « à 13,2 points en amélioration aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à moins 17,4 points et à moins 4,6 points respectivement ».

Moins pessimistes qu’au précédent trimestre, 76,1% contre 13,9% des ménages interrogés confient s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, maintenant ainsi le solde d’opinion négatif à moins 62,2 points contre moins 78,3 points un trimestre auparavant et moins 70,8 points un an auparavant.

En ce qui concerne les achats de biens durables, les résultats de l’enquête révèlent qu’au premier trimestre, 73,2% contre 11,7% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun de les effectuer.

Soulignons, dans ce cas, que le solde d’opinion est resté négatif avec moins 61,5 points contre moins 61,2 points au trimestre précédent et moins 32,6 points au même trimestre de l’année précédente.

L’opinion des ménages sur leur situation financière est empreinte d’optimisme, puisque plus de la moitié d’entre eux (55,8%) estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 39,3% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 4,9% affirment épargner une partie de leur revenu.

En revanche, 54,4% contre 7,0% des ménages considèrent que leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. En conséquence, « cette perception reste négative, avec un solde d’opinion de moins 47,4 points contre moins 39,9 points au trimestre précédent et moins 22,9 points au même trimestre de l’année précédente », relève le Haut-commissariat.

S’agissant de l’évolution de leur situation pour les 12 prochains mois, il ressort de l’enquête du HCP que « 35,1% des ménages s’attendent à son amélioration, 13,8% à sa dégradation et 51,1% à son maintien au même niveau ».

Analysant l’évolution d’autres indicateurs trimestriels de la conjoncture, l’enquête du Haut-commissariat fait ressortir que 19,6% contre 80,4% des ménages s’attendent à épargner au cours des 12 prochains mois.

Concernant les prix des produits alimentaires, il apparaît que « 74,9% des ménages estiment qu’ils ont augmenté au cours des 12 derniers mois contre 0,8% seulement qui ressentent leur diminution ».

Pour les 12 prochains mois, 64,0% d’entre eux pensent qu’ils devraient continuer à augmenter contre 3,9% seulement qui s’attendent à leur baisse.

Pour rappel, les composantes de l’ICM portent sur la perception par les ménages de l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables et de leur situation financière.

Alain Bouithy

Libé