Le Maroc appelle à un « procès équitable » pour un ressortissant marocain passible de la peine de mort

Brahim Saadoun a été condamné à mort le 9 juin avec deux hommes britanniques par un tribunal de Donetsk.

RABAT – Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a exhorté les autorités russes à garantir un « procès équitable » à un jeune ressortissant faisant appel d’une condamnation à mort prononcée par un tribunal pro-russe en Ukraine. Brahim Saadoun, un citoyen marocain né en 2000, a été condamné à mort le 9 juin avec deux hommes britanniques par un tribunal de Donetsk, un petit État autoproclamé dans l’est de l’Ukraine. Le trio a été accusé d’avoir agi en tant que mercenaire pour l’Ukraine après l’invasion de son voisin par la Russie. Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), a contacté le Haut-commissariat aux droits de l’homme en Russie, a indiqué dimanche une source du Conseil marocain des droits de l’homme. Elle a exhorté l’instance russe à prendre « les mesures nécessaires pour garantir que Brahim Saadoun bénéficie d’un procès équitable lors de son appel », a déclaré la source. Taher Saadoun, père de l’accusé, a déclaré que son fils, qui a obtenu la nationalité ukrainienne en 2020, « n’est pas un mercenaire », le qualifiant plutôt de « victime de manipulation ». Mais Dmytro Khrabstov, 20 ans, un ami de Saadoun, a déclaré que le Marocain avait rejoint l’armée ukrainienne l’année dernière, disant à des amis qu’il voulait « mourir en héros ». Le gouvernement marocain n’avait pas répondu jusqu’à lundi dernier, affirmant par l’intermédiaire de son ambassade en Ukraine que Saadoun « avait été capturé alors qu’il portait l’uniforme de l’armée de l’État ukrainien, en tant que membre de l’unité de marine ukrainienne ».
Il a déclaré qu’il était « actuellement emprisonné par une entité qui n’est reconnue ni par les Nations Unies ni par le Maroc », sans autre commentaire.
Le Maroc a adopté une position de neutralité aux Nations unies sur la guerre en Ukraine. Cette décision reflète la volonté de Rabat d’éviter de s’aliéner la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, sur la question du Sahara occidental contesté, une priorité diplomatique marocaine. Le Maroc contrôle 80% de l’ancienne colonie espagnole contestée et insiste sur le fait que le territoire doit rester sous sa souveraineté, tandis que le mouvement du Front Polisario, soutenu par l’Algérie, cherche à contrôler totalement la région.

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