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Général Lebatt Ould Maayouf acclamé à sa sortie du juge à Nouakchott

« Liberté ! Liberté ! » : le général à la retraite Lebatt Ould Maayouf acclamé par ses proches à la sortie du juge d’instruction

Détenu provisoirement depuis septembre dans une affaire qui suscite un vif intérêt dans les milieux de proches et de membres de sa communauté, mercredi 7 octobre, alors qu’il était reconduit en prison à l’issue de son audition devant le juge d’instruction.

Les slogans ont fusé mercredi 7 octobre dès l’apparition du véhicule de police. « Liberté ! Liberté ! » ont scandé les hommes rassemblés devant le cabinet du juge d’instruction, tandis que les femmes poussaient des youyous et que les applaudissements retentissaient. Au milieu de cette ferveur, le général Lebatt Ould Maayouf a répondu par des sourires et de grands gestes de la main, avant d’être reconduit en détention.

Selon sa fille, présente sur les lieux, son père semblait avoir oublié l’épreuve de l’incarcération. « Il ne voyait devant lui que les visages de ses proches et des siens, venus lui dire : nous sommes là, et nous ne te laisserons pas seul », a-t-elle témoigné.

Une mobilisation communautaire

Cette démonstration de soutien a rassemblé hommes et femmes issus de la communauté d’origine de l’officier retraité. Sa fille a salué leur engagement, décrivant « des hommes de parole, des femmes au courage de lionnes, dont la fermeté ne faiblit pas ».

Elle a dit sa fierté de voir son père appartenir à cette communauté, « une terre qui a donné naissance à des gens de cœur et d’honneur » : « Vous avez montré que l’honneur ne tient pas seulement à un nom ou à une lignée, et que la noblesse de cœur se révèle quand les épreuves s’aggravent. » Elle a conclu en adressant aux participants une formule de bénédiction traditionnelle, leur souhaitant prospérité et longue vie.

Un dossier encore au stade de l’instruction

Lebatt Ould Maayouf est détenu provisoirement depuis septembre 2026 dans le cadre d’une procédure engagée à son encontre à Nouakchott. Après environ deux semaines de garde à vue auprès de la brigade chargée de la cybercriminalité, il a été présenté au parquet de Nouakchott-Ouest le 9 septembre. Le parquet a alors retenu plusieurs chefs d’accusation et requis son placement en détention provisoire, que le juge d’instruction a ensuite ordonné.

Selon le parquet, les poursuites portent notamment sur l’affaiblissement du moral des forces armées, la divulgation d’informations à caractère militaire et l’atteinte au prestige de l’État. Certaines sources évoquent également des accusations d’incitation et d’atteinte à l’ordre constitutionnel par des moyens électroniques. Ces poursuites seraient liées à des déclarations et publications attribuées au général sur les réseaux sociaux. Le dossier est instruit au Tribunal de Nouakchott-Ouest, auprès du cabinet compétent pour les affaires de sécurité de l’État et les affaires militaires.

La défense dénonce un ciblage politique

De son côté, la défense conteste les accusations. Ses avocats dénoncent ce qu’ils considèrent comme un ciblage politique et contestent les conditions de la garde à vue, affirmant que leur client a été privé, durant cette période, de l’assistance de ses conseils et de la possibilité de les consulter pleinement.

Une audition dont l’issue reste à confirmer

Le général a comparu le mercredi 7 octobre 2026 devant le juge d’instruction, qui l’avait convoqué afin de recueillir ses explications sur les faits reprochés. À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas de confirmer de manière fiable le contenu de cette audition ni une éventuelle décision nouvelle sur son maintien en détention, sa mise en liberté ou la suite de la procédure.

L’affaire demeure donc au stade de l’instruction, et aucune décision sur la culpabilité de Lebatt Ould Maayouf n’a été rendue. Les accusations du parquet comme les contestations de la défense devront être appréciées dans le cadre de la procédure en cours.

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