Kane Hamidou Baba: La discrimination en Mauritanie est devenue structurelle

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Par Moustapha Sidiya – 28/04/2021 Senalioune

Le leader de la Coalition Vivre Ensemble (CVE) et candidat aux dernières présidentielles, Kane Hamidou Baba, a qualifié la discrimination en Mauritanie de formalité, soulignant la nécessité de faire face à ce qu’il a qualifié de “situation préoccupante”, et qu’il est plus qu’urgent de prendre des mesures de rattrapage pour “rétablir les équilibres rompus”

Kane Hamidou Baba a considéré dans un entretien avec “RMI info” que l’armée a tout sauf une armée nationale, indiquant qu’il s’agit d’une armée ethnique, tribale et raciale, soulignant que le dialogue politique national à venir constitue une aubaine pour les autorités des forces armées et de sécurité, pour édifier l’opinion nationale sur leurs postures.

Kane Hamidou Baba a appelé à un partage équitable des postes de mandats. Selon lui, “le poste du président de la République, du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale, doivent être distribués dans une perspective qui tient en considération la représentativité. Ces postes sont exclusivement réservés à une seule communauté, regrette-t-il. Revenir au système des quotas, avance-t-il, pourrait contribuer sans doute à défiger les postures discriminatoires”.

Kane Hamidou Baba a estimé que l’invocation de l’immunité par l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz en refusant de répondre aux questions des parlementaires et aux enquêtes est une “erreur stratégique”, ajoutant que “s’il était dans une logique d’être jugé par la Haute Cour de justice, il devrait faire confiance aux parlementaires. Raison pour laquelle, il est aujourd’hui soumis à des tribunaux ordinaires”.

À propos de l’obtention d’une licence TV, Kane révèle qu’elle lui a été refusée à cause de ses activités politique en tant qu’opposant. Selon lui, la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA) ne donne pas assez de temps aux personnes désireuses d’avoir des licences de diffusion de radio ou TV. C’est ce qui explique, poursuit-il, les résultats infructueux des dépouillements communiqués par la HAPA début avril. Il a cependant appelé les responsables de la HAPA à observer la transparence et de tenir compte de la pluralité et de la diversité culturelle dans l’octroi des licences.