Insolite. au Maroc, le mouton de l’aïd al-adha s’invite à la campagne électorale

69854777 785424215
69854777 785424215

Insolite. au Maroc, le mouton de l’aïd al-adha s’invite à la campagne électorale

Kiosque360. L’Aid Al-Adha coïncide, cette année, avec l’approche de la date des élections et le début d’une campagne électorale prématurée. C’est ce qui a poussé les professionnels des élections à conclure des marchés avec les éleveurs de moutons pour distribuer le bétail à leurs clients-électeurs.

Des candidats aux prochaines élections ont conclu, précocement, des marchés avec les éleveurs des moutons pour distribuer le bétail à leurs clients-électeurs à l’approche de l’Aïd Al-Adha (21 juillet). Une fête qui coïncide, cette année, avec le début, prématuré, de la campagne électorale menée par plusieurs têtes de liste. Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mercredi 30 juin, que ces professionnels des élections ont commencé à recenser leurs clients-électeurs, via des intermédiaires, pour leur offrir le mouton de l’Aïd. Une occasion dont profite des associations proches du PJD, des parlementaires, des politiques et des présidents de communes pour collecter des dons afin d’offrir le mouton de l’Aïd aux familles démunies.

Une pratique qui suscite beaucoup d’interrogations chez les gouverneurs et les walis qui se questionnent sur sa légalité. Certains politiques, aux penchants électoralistes, la considèrent comme une vertu qui entre dans le cadre de la cohésion sociale, alors que tout un chacun sait qu’il s’agit bel et bien d’une charité électorale. Ce que les dirigeants de ces associations ignorent, c’est que la collecte des dons est régie par une loi relative à l’appel à la générosité publique qui nécessite une autorisation préalable du gouverneur ou du wali. Seules les associations d’utilité publique peuvent distribuer des dons, une fois par an, sans autorisation délivrée par les autorités locales.

Le quotidien Assabah rapporte que le dirigeant d’un parti politique a indiqué que le législateur avait encadré la collecte de l’argent destiné à des actions de bienfaisance pour éviter qu’il ne soit détourné à d’autres fins personnelles ou collectives. L’appel à la générosité publique est soumis à un procédure de demande d’autorisation qu’il faut déposer auprès du secrétariat général du gouvernement, conformément à la loi précitée. Le respect de cette procédure permet à toute association, d’une part, de se soumettre à la loi en vigueur et, d’autre part, de donner à cette opération plus de crédibilité et de transparence.

Ce qui pousse les Marocains, qui sont connus par leur générosité et leur sens de la solidarité, à adhérer à cette opération de charité avec la conviction que leurs dons seront utilisés à bon escient. Il est vrai que le Maroc pullule de bienfaiteurs, désintéressés, qui se manifestent à chaque occasion religieuse pour afficher leur solidarité avec leurs compatriotes les plus démunis. Mais cela n’exclut pas l’existence de campagnes en apparence solidaires mais qui cachent, en réalité, des enjeux électoraux.

Par Hassan Benadad

le360