Mauritanie : lancement du cadre national de l’IA au service de l’École Républicaine
La Première Dame Mariem Vadel Dah lance à Nouakchott le cadre national de l’intelligence artificielle au service de l’École Républicaine, pour une éducation inclusive, moderne et éthique.

Intelligence artificielle (IA)
Nouakchott – La Première Dame, Dr Mariem Vadel Dah, a procédé mardi, au Centre international de conférences Mokhtar Ould Daddah à Nouakchott, au lancement officiel du Cadre national pour « L’intelligence artificielle au service de l’École Républicaine », une initiative stratégique visant à intégrer de manière éthique, responsable et souveraine l’intelligence artificielle (IA) dans le système éducatif mauritanien.
Ce cadre national ambitionne de promouvoir l’usage des technologies d’intelligence artificielle dans l’éducation, d’élargir leurs champs d’application et d’instaurer un système intégré de coopération et de coordination entre les acteurs publics, privés et académiques. Il permettra également de positionner la Mauritanie comme un acteur régional de référence dans l’utilisation sûre et responsable de l’IA au service de l’enseignement.
L’initiative s’inscrit dans la vision stratégique du Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, visant à bâtir un système d’enseignement public moderne, équitable et inclusif, capable de préparer les jeunes générations aux exigences de la société du savoir et de l’économie numérique.
Le cadre national vise notamment à améliorer la qualité de l’éducation, à renforcer les compétences pédagogiques et numériques des enseignants, à soutenir l’innovation éducative et à promouvoir l’équité, en particulier au profit des élèves des zones reculées, des filles et des personnes en situation de handicap. Il prévoit également des mécanismes d’adaptation et d’orientation des apprentissages aux besoins spécifiques des élèves, ainsi qu’une amélioration de la gouvernance du système éducatif.
Dans son allocution, la Première Dame s’est dite honorée de présider cet événement marquant le lancement d’un programme national ambitieux dédié à l’utilisation de l’IA au service des écoles publiques. Elle a souligné que cette initiative repose sur une conviction partagée selon laquelle l’avenir de l’éducation constitue une responsabilité collective, fondée sur le partenariat, la solidarité et l’échange d’expériences.
Dr Mariem Vadel Dah a insisté sur le fait que l’intégration de l’IA doit impérativement être guidée par une approche humaine et éthique, afin de garantir la protection des élèves, de préserver la vie privée, de réduire les inégalités et de faire de l’intelligence artificielle un vecteur d’équité plutôt que d’exclusion. Elle a mis en garde contre les risques liés à une utilisation non encadrée, notamment pour les enfants, et a plaidé pour un cadre clair qui fasse de l’IA un outil d’appui à l’école publique, et non un substitut à son rôle éducatif et humain.
Elle a également souligné l’importance du rôle des partenaires nationaux et internationaux, dont l’appui dépasse le simple financement pour inclure l’assistance technique, le renforcement des capacités et le soutien institutionnel, en vue de faire de cette expérience un modèle de référence régional et continental.
Pour sa part, la ministre de l’Éducation et de la Réforme du Système éducatif, Mme Houda Babah, a indiqué que le lancement de ce cadre intervient dans un contexte mondial marqué par des transformations rapides et profondes dans le domaine de l’intelligence artificielle, offrant à la fois des opportunités majeures et des défis structurels pour les systèmes éducatifs. Elle a salué la supervision de la Première Dame, qu’elle a qualifiée de témoignage d’une vision éclairée et tournée vers l’avenir.
La ministre a affirmé que la formation des enseignants et le développement de leurs compétences pédagogiques et numériques constituent le pilier central d’une réforme éducative durable, précisant que l’IA ne remplace pas l’enseignant, mais renforce son rôle et ouvre de nouvelles perspectives pédagogiques. Elle a également insisté sur la nécessité d’accompagner les élèves vers une utilisation sûre, responsable et critique de ces technologies, tout en associant les parents à cette démarche de sensibilisation.
De son côté, le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, M. Ahmed Salem Bede Etfagha, a qualifié le lancement de ce cadre de tournant décisif, soulignant qu’il ne s’agit pas d’une réponse conjoncturelle ou d’un effet de mode, mais d’un choix stratégique visant à protéger et développer simultanément l’école publique sans compromettre ses valeurs fondamentales. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le programme présidentiel « Mon Ambition pour la Nation » et dans le programme gouvernemental conduit par le Premier ministre Moctar Ould Djay, axé sur la modernisation de l’école publique et l’égalité des chances.
Le Directeur général de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO), M. Mohamed Ould Amar, a, quant à lui, estimé que ce cadre constitue un levier stratégique pour le développement humain et l’amélioration de la qualité des systèmes éducatifs. Il a affirmé que l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation n’est plus une option, mais une nécessité éducative et stratégique, saluant les efforts déployés par la Mauritanie pour investir dans le capital humain et anticiper les mutations du monde contemporain.
La cérémonie a été marquée par la projection de deux films illustrant les perceptions des élèves et des enseignants sur le rôle de l’IA dans l’amélioration des résultats scolaires et l’impact positif attendu sur le processus d’enseignement-apprentissage. Plusieurs ambassadeurs, représentants de missions diplomatiques, partenaires nationaux et internationaux, ainsi que des autorités administratives et sécuritaires de la wilaya de Nouakchott Ouest ont pris part à l’événement.



