Quand un Hakem tente de se substituer par la force à la commune de Sebkha

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Le Hakem de la Moughataa de Sebkha, Mohamed Abdallahi El Bounana, a tenté illégalement, et par la force, de faire annuler le recours souverain de la commune de Sebkha de gérer dorénavant le marché de cinquième à sa convenance, sur sa légitimité, et les recommandations concordantes de la Cour des Comptes et de l’Inspection Générale d’Etat. Un revirement dans cette histoire cruciale, car déterminant dans la gouvernance que les mauritaniens veulent pour leurs intérêts.

Ledit Hakem, de sources pertinentes « probablement téléguidé par le Wali », a organisé une réunion tripartite entre lui-même, la Fédération du commerce qui détient depuis 16 ans la gestion du marché, avec un contrat léonin dénoncé par l’IGE et la cour des comptes, et les commerçants du marché. Une réunion totalement « illégale » selon le maire de Sebkha, Aboubacar Soumaré, qui a été interrompue par Hassen Falili, directeur du marché du Cinquième, nommé par le Conseil Municipal souverain, et qui a mené à l’arrestation de ce dernier par la police sur ordre du Hakem.

Un abus de pouvoir manifeste qui a mené tout le Conseil Municipal de Sebkha, accompagné de son Maire, à se porter prisonniers également, pour dénoncer autant l’arrestation de leur pair, que la tentative de mainmise sur le marché de la Fédération du Commerce, qui tente dorénavant de passer par des « puissances administratives », faisant donc du trafic d’influence. Sous la pression de ce geste surprenant, le Hakem a libéré Hassen Falili et écourté la réunion tripartite, les commerçants du marché, manifestant d’ailleurs leur volonté de travailler avec la mairie, « plus transparente que tout ce qui a été vu ici avant l’arrivée de cette équipe de jeunes ».

Lire ce lien pour en savoir plus sur ce problème du marché 5ème : ABOUBACAR SOUMARÉ, MAIRE DE SEBKHA : « L’IGE ET LA COUR DES COMPTES ONT TOUS DEUX DÉNONCÉ LE CONTRAT AVEC LA FÉDÉRATION DU COMMERCE EN DÉMONTRANT UN MANQUE À GAGNER ESTIMÉ À 39.656.800 MRU! »

Dans une lettre envoyée ce jour-même au Hakem, le Maire de Sebkha lui rappelle ses prérogatives légales : « Le conseil municipal de Sebkha élu au suffrage universel a siégé et a voté de manière souveraine pour la gestion en régie de son patrimoine, suivant les recommandations de la Cour des Comptes. Vous n’êtes pas habilité à donner des ordres à la mairie et encore moins à interpréter la loi ou à émettre des avis juridiques contraires à ceux émis par les institutions constitutionnelles de juridiction financière de notre République. Sebkha n’est pas une dictature et vous n’en êtes pas le chef suprême ».

« Je vous mets en garde contre toute tentative d’instrumentalisation de la force publique pour faire perdurer une situation frauduleuse qui va à l’encontre des intérêts de la population, et qui est dénoncée par la Cour des Comptes, l’Inspection générale d’Etat et le Conseil Municipal. (…) Votre démarche est tout à fait illégale » conclut la missive.

Une évolution inattendue d’un cas pratique de la gouvernance ténébreuse qui régissait la gestion de ce marché, et qui est aujourd’hui un symbole de la gouvernance transparente que le nouveau Maire de Sebkha et son équipe souhaitent impulser, pour le bien des populations spoliées de cette commune, avec l’appui manifeste de certains éléments issus des autorités administratives sécuritaires, dont l’allégeance ne semble pas aller aux citoyens dont elles sont sensées garantir les intérêts.

Tous les regards des mauritaniens épris de changement devraient se tourner vers ce qui se passe actuellement à Sebkha, qui sera un vrai baromètre pour mesurer les velléités affichées de changement de ce nouveau pouvoir : Va-t-on enfin ne se préoccuper que des intérêts supérieurs des citoyens (et dans ce cas d’un quartier exclusivement constitué de noirs, avec en arrière-fond la problématique de l’équité), ou va-t-on continuer avec ces jeux de menaces, d’abus de pouvoir, et de trafics d’influence, préserver les petits intérêts particuliers d’un petit groupe de fils et neveux de généraux, et riches commerçants ?

Après l’envoi de deux SMS de présentation pour une réaction, et des appels sur ses deux numéros, le président de la Fédération de Commerce, Mohamed Mahmoud Hamoud, n’a pas réagi.

Mamoudou Lamine Kane

mozaikrim.over-blog.com