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Nouakchott : Ghazouani appelle à s’inspirer du Prophète pour gérer la diversité

Le Président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani a ouvert la 39ᵉ Conférence sur la biographie du Prophète à Nouakchott, plaidant pour la cohésion nationale et le vivre-ensemble.

Nouakchott — Le Président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, a présidé mardi la cérémonie d’ouverture de la 39ᵉ session de la Conférence internationale sur la biographie du Prophète, organisée dans la capitale mauritanienne autour du thème : « Les enseignements du Prophète dans la gestion de la diversité et des différences et le renforcement des points communs ».

Une cérémonie sous le signe de l’unité

L’événement s’est tenu en présence du Premier ministre, du Président de l’Assemblée nationale, du Président de la Fondation de l’Opposition démocratique, des membres du gouvernement, du corps diplomatique, des responsables des services militaires et de sécurité, ainsi que de nombreux élus locaux et nationaux. Le Président de l’Association culturelle islamique de Mauritanie et d’Afrique de l’Ouest, organisateur de la rencontre, était également présent aux côtés d’un parterre d’érudits, de penseurs et de chercheurs venus de plusieurs horizons.

Dans son allocution d’ouverture, Ghazouani a d’abord tenu à saluer les efforts déployés par le Rassemblement culturel islamique pour maintenir cette conférence annuelle en prise directe avec les enjeux contemporains les plus pressants auxquels font face les sociétés musulmanes.

La diversité, une richesse à condition d’être bien gérée

Au cœur de son intervention, le Président Ghazouani a développé une réflexion sur la nature de la diversité humaine, qu’il a qualifiée de loi divine inscrite dans la création elle-même. Selon lui, la différence de races, de couleurs, de langues ou d’appartenances culturelles ne constitue pas en soi un problème, la dignité humaine étant attachée à l’être humain lui-même et non à ces attributs. Le véritable enjeu, a-t-il insisté, réside dans la capacité des sociétés à organiser cette diversité : bien gérée, elle devient un facteur de cohésion et de progrès ; mal gérée, elle ouvre la voie à la division, à la violence et à l’extrémisme.

Le Chef de l’État a d’ailleurs établi un lien direct entre cette mauvaise gestion de la diversité et l’instabilité qui frappe aujourd’hui de nombreuses régions du monde, y voyant une illustration concrète des risques évoqués.

L’exemple prophétique comme boussole

Face à ce défi, le Président mauritanien a appelé à puiser dans l’exemple du Prophète et dans le système de valeurs islamiques — égalité en dignité, fraternité, solidarité, acceptation de l’autre, justice et équité — pour construire une gestion apaisée des différences. Il a rappelé que c’est précisément grâce à ces principes que la jeune communauté musulmane était parvenue, en son temps, à dépasser les cloisonnements tribaux et ethniques pour se rassembler autour du lien de la foi.

Il a toutefois averti que la promotion de ces valeurs ne saurait se limiter à un exercice rhétorique : elles doivent, selon lui, irriguer concrètement les relations sociales, les comportements et le fonctionnement des institutions publiques.

Un chantier national assumé

Le Président a présenté cette exigence comme une ligne directrice de l’action de son gouvernement, citant plusieurs axes de travail : l’ouverture envers toutes les composantes de la société, la promotion du dialogue et de la concertation, le respect des opinions divergentes, ainsi que la consolidation des valeurs communes — religion, citoyenneté, histoire partagée et destin commun. Il a également évoqué le renforcement des institutions, l’ancrage de l’État de droit, la justice sociale, le soutien aux catégories vulnérables et la lutte contre la pauvreté et l’exclusion comme autant de leviers pour transformer la diversité mauritanienne en une véritable force nationale.

« Nous sommes déterminés à bâtir une société en paix avec elle-même », a-t-il affirmé, plaidant pour une nation où la citoyenneté et les points communs priment sur les clivages hérités du passé.

Le rôle clé des savants et chercheurs

Le Chef de l’État a par ailleurs insisté sur la responsabilité particulière des oulémas, penseurs et chercheurs présents à la conférence, appelés à promouvoir une compréhension équilibrée et modérée de la religion et à apporter des réponses scientifiques rigoureuses aux interrogations des jeunes générations, afin de prémunir la société contre l’extrémisme et le fanatisme, tout en conciliant référence islamique et exigences de l’État moderne.

Le Président Ghazouani a conclu son intervention en déclarant officiellement ouverts les travaux de la conférence, souhaitant plein succès aux participants pour les sessions à venir. Source : Rapide info avec agences

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