Gestion de l’eau : Les pays du Nil s’étripent, ceux du Fleuve Sénégal enchaînent les projets

BARRAGE ETHIOPIE NIL
BARRAGE ETHIOPIE NIL

Beaucoup l’ont dit avant, l’eau sera l’une des principales sources de conflits des prochaines décennies. Si le cas du Nil confirme bien cette crainte, en Afrique de l’Ouest, la gestion du Fleuve Sénégal est un formidable exemple d’entente entre des pays qui partagent la même ressource. L’Organisation de mise en valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) vient de procéder à l’électrification de 200 villages au Mali, en Mauritanie et au pays de la Teranga.

De l’autre côté du continent, en Afrique de l’Est, pas plus tard qu’il y a une semaine, les négociations sous l’égide de l’Union africaine entre l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan autour du barrage de la Grande Renaissance et qui se sont déroulées à Kinshasa se sont terminées en queue de poisson. Encore aujourd’hui, la sous-région est-africaine craint beaucoup un conflit à cause de cette infrastructure construite par l’Ethiopie sur le Nil bleu pour développer son agriculture et gagner en autonomie énergétique. Car, l’Egypte et le Soudan situé en aval pourrait subir une forte réduction du débit de ce fleuve qui a donné vie à la civilisation pharaonique et sans lequel Khartoum n’aurait jamais existé.

Régulièrement, les protagonistes tiennent des discours martiaux, alternant les menaces de l’Egypte et du Soudan contre l’Ethiopie et l’intransigeance de cette dernière concernant son projet de remplissage du barrage. Visiblement, dans cette partie du continent, c’est le calme avant la tempête.

A l’extrême Ouest du continent, c’est tout le contraire. Pas un seul nuage à l’horizon dans le ciel des pays membres de l’OMVS. En effet, cette entité sous-régionale gère la ressource hydraulique du Fleuve Sénégal avec une impartialité qui honore l’Afrique de l’Ouest en particulier et le continent en général. Elle compte plusieurs succès à son actif, notamment les deux grands barrages de Manantali et Diama, le premier permettant de fournir les trois pays en électricité et le second offrant l’opportunité d’irriguer des centaines de milliers d’hectares aux Sénégal et en Mauritanie. La dernière expérience réussie est l’électrification de 200 villages dans les trois pays pour un coût global de 45 milliards de francs CFA, c’est-à-dire un peu plus de 81 millions de dollars US.

Par Mohamed Diallo, Comité Editorial – Maroc

Afrimag