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Espagne : chute de plus de 40 % des arrivées de migrants en 2025

L’Espagne a enregistré en 2025 une baisse de plus de 40 % des arrivées de migrants irréguliers, notamment vers les Canaries, malgré un bilan humain toujours lourd.

L’Espagne enregistre une chute de plus de 40 % des arrivées de migrants en 2025

Par la rédaction – d’après AFP

Madrid | 2 janvier 2026

L’Espagne a enregistré en 2025 une baisse historique de plus de 40 % des arrivées de migrants en situation irrégulière, portée par l’effondrement des traversées vers les îles Canaries. Si Madrid attribue ce recul à une coopération renforcée avec les pays africains, notamment le Maroc et la Mauritanie, le drame humain de la migration et les critiques sur le respect des droits fondamentaux demeurent au cœur du débat.

L’Espagne a connu en 2025 une baisse spectaculaire de plus de 40 % des arrivées de migrants en situation irrégulière, principalement en raison du net reflux des traversées sur la dangereuse route atlantique menant vers les îles Canaries, selon des données officielles publiées par le ministère espagnol de l’Intérieur.

Une diminution historique des arrivées irrégulières

D’après les chiffres communiqués par les autorités, 36 775 migrants sont entrés irrégulièrement en Espagne en 2025, pour l’essentiel par voie maritime. Ce chiffre représente une chute de 42,6 % par rapport à 2024, année durant laquelle 64 019 personnes avaient été recensées.

Cette tendance confirme un recul significatif de la pression migratoire sur les côtes espagnoles, alors que le pays demeure l’un des principaux points d’entrée vers l’Union européenne pour les personnes fuyant la pauvreté, les conflits ou l’instabilité politique.

Les Canaries fortement impactées, les Baléares à contre-courant

La baisse est particulièrement marquée aux îles Canaries, destination emblématique de la route atlantique. Les arrivées y ont chuté de 62 %, passant à 17 788 migrants en 2025.

En revanche, une évolution inverse est observée en Méditerranée. Les îles Baléares, principalement touchées par les départs depuis l’Algérie, ont enregistré une hausse de 24,5 %, avec 7 321 arrivées sur l’année.

Un drame humain qui persiste malgré la baisse

Malgré cette diminution globale, le coût humain de la migration reste dramatique. L’ONG espagnole Caminando Fronteras a indiqué que plus de 3 000 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’Espagne en 2025, parmi lesquelles 437 mineurs.

L’organisation précise que ses données reposent sur des témoignages de familles de migrants, ainsi que sur les statistiques officielles concernant les opérations de secours en mer.

L’espagne renforce sa coopération avec le Maroc et la Mauritanie

Les autorités espagnoles attribuent en grande partie cette baisse à une coopération renforcée avec les pays de départ et de transit, notamment le Maroc et la Mauritanie.

Le recul des arrivées aux Canaries intervient dans un contexte de relations diplomatiques apaisées entre Madrid et Rabat, depuis le soutien de l’Espagne en 2022 au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Les deux pays ont intensifié la surveillance maritime, le partage de renseignements et la lutte contre les réseaux de passeurs.

La Mauritanie au cœur de la stratégie migratoire européenne

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, plaide pour une approche axée sur la « prévention à la source », soulignant l’importance des partenariats avec les pays africains.

L’agence européenne de garde-frontières Frontex a également pointé le rôle central de la Mauritanie, où des mesures préventives plus strictes auraient contribué à la baisse des départs vers les Canaries.

En 2024, Nouakchott a signé un accord migratoire avec l’Union européenne, prévoyant 210 millions d’euros de financement en échange d’un renforcement de la lutte contre les traversées maritimes irrégulières.

Des accords controversés sur le plan des droits humains

Ces politiques suscitent toutefois de vives critiques. Human Rights Watch a accusé, dans un rapport publié en août, les autorités mauritaniennes de violations systématiques des droits des migrants, évoquant des cas de violences sexuelles, de torture et d’extorsion imputés à des agents des forces de sécurité.

Selon l’ONG, ces abus se seraient intensifiés depuis la signature de l’accord avec l’UE. La Mauritanie a fermement rejeté ces accusations.

Une équation migratoire toujours complexe

Si la baisse des arrivées constitue un succès politique pour Madrid et Bruxelles, elle ne met pas fin aux défis structurels de la migration, ni aux drames humains qui se jouent aux frontières de l’Europe. Entre contrôle, coopération internationale et respect des droits fondamentaux, l’équilibre reste fragile.

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