Mariem mint Cheikh : L’IRA Mauritanie dénonce l’enlèvement arbitraire de la députée abolitionniste
L'organisation IRA-Mauritanie condamne l'enlèvement nocturne de l'honorable députée Mariem mint Cheikh et de son nourrisson de 3 mois. Un acte grave au mépris de l'immunité parlementaire.

Une arrestation nocturne hors de tout cadre légal
L’arrestation de Mariem mint Cheikh s’est déroulée dans des circonstances qui rappellent les heures les plus sombres des régimes d’exception. La députée a été cueillie à son domicile, situé dans la banlieue sud de Nouakchott, à 22h35, dans la nuit du 9 au 10 avril 2026. Cette intervention a eu lieu totalement en dehors de l’heure légale, violant les procédures fondamentales du code de procédure pénale mauritanien.
Plus choquant encore, son bébé de trois mois a été emmené avec elle vers un lieu de détention tenu secret. Cet acte de cruauté, visant une mère et son nourrisson, a été perpétré par des éléments lourdement armés et encagoulés, agissant sous les ordres directs de la police politique du régime du général-dictateur Mohamed Ghazouani.
Le contexte politique : Entre diplomatie économique et répression interne
L’enlèvement de Mariem mint Cheikh et de son enfant n’est pas un incident isolé. Il intervient dans un climat politique délétère, marqué par une contradiction flagrante : alors que l’Union Européenne renforce ses relations diplomatiques et économiques avec le régime de Ghazouani, la répression interne contre les voix dissidentes atteint des sommets.
Cette « dictature raciste et esclavagiste », comme la qualifie l’IRA, utilise la stabilité de façade pour intensifier les violences policières. Les atteintes aux libertés publiques visent spécifiquement les leaders abolitionnistes qui refusent de fermer les yeux sur la persistance des pratiques esclavagistes et la marginalisation de la communauté Haratine.
Le courage d’une élue face à la discrimination systémique
Quelques heures seulement avant son arrestation, Mariem mint Cheikh avait pris la parole lors d’un direct (Live) sur Facebook. Avec le courage et la responsabilité qui la caractérisent, elle y dénonçait :
- Les discriminations systémiques : Le ciblage constant des militants des droits de l’homme issus de la communauté Haratine.
- Le calvaire des femmes détenues : Elle a cité le cas tragique de la journaliste Warda Ahmed Souleymane, enceinte et malade, soumise à un régime carcéral d’une sévérité extrême.
- L’exploitation des mineurs : Elle a apporté son soutien aux lanceuses d’alerte Lalla Vatma et Rachida Saleck, actuellement incarcérées pour avoir révélé le cas d’une fillette noire de 11 ans, détenue et exploitée comme esclave par une famille arabe.
La violation flagrante de l’immunité parlementaire
L’IRA Mauritanie tient à rappeler fermement que Mariem mint Cheikh bénéficie de l’immunité parlementaire. Ce principe constitutionnel, pilier de toute démocratie, est censé protéger les élus contre les pressions et les arrestations arbitraires liées à l’exercice de leur fonction.
En privant de liberté une représentante du peuple sans procédure régulière ni levée préalable de son immunité, le régime de Mohamed Ghazouani porte un coup fatal à l’État de droit en Mauritanie. Cet enlèvement prouve que, pour le pouvoir en place, la Constitution n’est qu’un chiffon de papier dès lors qu’il s’agit de faire taire une voix dérangeante.
Une justice à deux vitesses : La ségrégation au cœur du système
Le cas de Mariem mint Cheikh met en lumière la réalité d’une justice mauritanienne « suprématiste et négrophobe ». L’IRA a recensé de nombreux cas où des femmes issues des groupes dominants (Arabo-Berbères), bien que condamnées pour crimes liés à l’esclavage ou exploitation de mineurs, n’ont jamais passé une seule nuit en prison.
« Les juges tribaux refusent d’appliquer les peines prévues par la loi sur les membres de leur propre communauté, tout en envoyant les militants anti-esclavagistes en prison avec une facilité déconcertante. »
Cette ségrégation raciale, sociale et linguistique est désormais pratiquée de manière décomplexée par les autorités de Nouakchott.
Les exigences de l’IRA Mauritanie
Face à la gravité de la situation et au danger qui pèse sur l’intégrité de la députée et de son nouveau-né, l’IRA Mauritanie lance un appel pressant :
- Localisation immédiate : Nous exigeons que le lieu de détention de Mariem mint Cheikh et de son bébé soit rendu public sans délai.
- Libération inconditionnelle : Le respect de l’immunité parlementaire impose leur remise en liberté immédiate.
- Enquête indépendante : Nous appelons les instances internationales à exiger une enquête sur les circonstances de cet enlèvement nocturne et l’usage de milices encagoulées.
- Mobilisation internationale : Nous saisissons l’opinion publique mondiale sur la dérive sécuritaire et raciste du régime mauritanien.
L’IRA Mauritanie tient les autorités compétentes, et en premier chef le général Mohamed Ghazouani, pour pleinement responsables de l’intégrité physique et morale de la députée et de son nourrisson. La lutte pour une Mauritanie juste, égale et débarrassée des chaînes de l’esclavage ne s’arrêtera pas aux portes des cachots de la police politique.
Fait à Nouakchott, le 10 avril 2026
Source: Le Bureau National de l’IRA Mauritanie



