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*Ely Ould Sneiba, toujours le même…*

*Ely Ould Sneiba, toujours le même…*

Il m’est impossible de rester silencieux face à certaines affirmations qui, sous le prétexte de défendre la République, ne font en réalité que nourrir la division, entretenir la confusion et exacerber les tensions. Jusqu’à quand *Ely Ould Sneiba* continuera-t-il à semer la discorde et à tenir des propos qui fragmentent davantage notre société ? La Mauritanie, déjà confrontée à de nombreux défis, ne peut se permettre d’être prise en otage par des logiques de division au service d’intérêts étroits et partisans. Il est profondément regrettable de constater que, sous couvert de protéger l’unité nationale, certains développent une rhétorique qui stigmatise, oppose et alimente la méfiance entre les composantes de notre peuple. Une fois encore, de tels propos suscitent tristesse et consternation, car ils éloignent les Mauritaniens les uns des autres au lieu de les rassembler autour de l’essentiel.
Présenter le dialogue national sous la forme d’une « Loya Jourga » comme une menace pour la République repose sur une confusion majeure : assimiler la reconnaissance de la diversité à une fragmentation de l’État. Or, dans toute société complexe, nier les réalités historiques, culturelles et sociales ne renforce pas l’unité nationale ; au contraire, cela l’affaiblit en refoulant les tensions au lieu de les traiter. La République ne se définit pas par l’uniformité, mais par la capacité à faire coexister des identités diverses dans un cadre commun fondé sur l’égalité et la citoyenneté. Refuser d’aborder les questions sensibles liées à l’ethnicité ou à la mémoire collective ne les fait pas disparaître ; cela les rend simplement plus dangereuses, car privées d’espaces d’expression et de régulation.
Attribuer à une seule composante nationale, en l’occurrence « les Poulo-toucouleurs » comme il les appelle; une volonté hégémonique constitue une lecture réductrice susceptible d’alimenter davantage les fractures qu’elle ne prétend dénoncer. Dans toute démocratie, les groupes politiques et sociaux défendent des intérêts, des visions et des revendications ; cela constitue une dynamique normale du pluralisme, et non une dérive. Disqualifier ces revendications en les réduisant systématiquement à de l’ethnicisme ou à du racisme revient à nier la possibilité même d’un débat sincère sur des questions essentielles telles que l’égalité des chances, la représentation ou la justice historique. Une telle posture ne protège pas la République ; elle rigidifie plutôt le système et éloigne une partie des citoyens du projet national commun.
Par ailleurs, assimiler un éventuel dialogue national à des modèles confessionnels comme ceux du Liban ou de l’Irak relève d’une extrapolation excessive. Un dialogue bien encadré ne vise pas à instituer une répartition ethnique du pouvoir, mais à identifier les sources de tension, restaurer la confiance et consolider les bases d’une coexistence pacifique. Les expériences réussies démontrent que la stabilité durable repose moins sur le déni des différences que sur leur gestion intelligente et inclusive. Même les pays souvent cités comme modèles doivent leur équilibre à la pratique constante du dialogue et à leur capacité d’adaptation aux réalités internes.
Le véritable danger pour la République ne réside donc pas dans l’ouverture d’un espace de discussion, mais dans son absence. La stigmatisation de certaines communautés, la suspicion généralisée et le refus du débat contradictoire créent un climat propice aux radicalisations et aux incompréhensions durables. Une nation solide n’est pas celle qui impose une vision unique de son identité, mais celle qui parvient à construire un projet commun où chaque citoyen, quelle que soit son origine, peut se reconnaître pleinement. Le patriotisme authentique n’est pas exclusif ; il est inclusif, exigeant et lucide.
Ainsi, plutôt que de rejeter l’idée d’un dialogue national par crainte de dérives et de nourrir, par des prises de position clivantes, un climat de suspicion généralisée, il serait plus constructif d’en définir clairement les objectifs, d’en garantir le cadre républicain et d’en prévenir les excès éventuels. La Mauritanie mérite mieux que des discours de division : elle a besoin de responsabilité, de lucidité et d’un engagement sincère en faveur de l’unité. Le dialogue n’est pas l’ennemi de la République ; il en constitue au contraire l’un des instruments essentiels pour préserver sa cohésion, renforcer sa légitimité et construire un avenir véritablement partagé.

Le 26 mars 2026
Mamadou Moustapha Bâ

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