Drame dans l’enclave espagnole de Melilla au Maroc : le bilan grimpe à vingt-trois migrants morts

Drame dans l’enclave espagnole de Melilla au Maroc : le bilan grimpe à vingt-trois migrants morts

Vingt-trois migrants ont péri lors d’une tentative d’entrée de près de 2 000 clandestins d’origine d’africaine, vendredi 24 juin, dans l’enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc, selon un bilan actualisé publié samedi soir par les autorités locales marocaines.

« Cinq migrants sont décédés, ce qui porte le bilan à vingt-trois morts », a rapporté à l’Agence France-Presse (AFP) une source des autorités de la province de Nador, précisant que « dix-huit migrants et un membre des forces de l’ordre restent sous surveillance médicale ». Le précédent bilan officiel faisait état de dix-huit morts.

Situées sur la côte nord du Maroc, Melilla et l’autre enclave espagnole de Ceuta sont les seules frontières terrestres de l’UE sur le continent africain et font régulièrement l’objet de tentatives d’entrée de la part de migrants cherchant à rejoindre l’Europe.
Tensions entre le Maroc et l’Espagne

Cette tentative d’entrée massive a débuté vers 06 h 40 lorsqu’un groupe de « près de 2 000 migrants (…) a commencé à s’approcher de Melilla », selon la préfecture. « Plus de 500 » d’entre eux « provenant de pays d’Afrique subsaharienne » ont ensuite forcé l’entrée du poste frontalier avec « une cisaille », a ajouté la préfecture, selon laquelle 133 sont parvenus à rentrer.

Les victimes ont trouvé la mort « dans des bousculades et en chutant de la clôture de fer » qui sépare l’enclave espagnole du territoire marocain, lors d’« un assaut marqué par l’usage de méthodes très violentes de la part des migrants », a précisé la même source.

Cette tentative d’entrée massive dans l’une des deux enclaves espagnoles est la première depuis la normalisation mi-mars des relations entre Madrid et Rabat, après une brouille diplomatique de près d’un an. La crise entre les deux pays avait été provoquée par l’accueil en Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, en avril 2021, pour y être soigné du Covid-19.

Elle avait eu pour point culminant l’entrée en mai 2021 de plus de 10 000 migrants en 24 heures à Ceuta, à la faveur d’un relâchement des contrôles côté marocain. Madrid avait alors dénoncé une « agression » de la part de Rabat, qui avait rappelé son ambassadrice en Espagne. Pedro Sanchez a mis fin à cette brouille en soutenant publiquement le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée à 80 % par Rabat mais revendiquée par le Polisario, soutenu par l’Algérie. Début avril, le roi Mohammed VI l’avait reçu à Rabat pour sceller cette réconciliation.
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Le Monde avec AFP

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