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Déclaration du Brakna : un appel à un 3ème mandat pour Ghazouani

Des élus et cadres du Brakna demandent une révision constitutionnelle pour autoriser un troisième mandat du président Ghazouani.

Déclaration du Brakna » : un appel à réviser la Constitution en vue d’un troisième mandat pour le président Ghazouani

Nouakchott – Un groupe d’élus, de cadres et d’acteurs politiques et sociaux de la wilaya du Brakna a rendu publique une déclaration politique remarquée, intitulée « Déclaration du Brakna », dans laquelle ils appellent explicitement à des révisions constitutionnelles ouvrant la voie à une candidature du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à un troisième mandat présidentiel.

Cette prise de position s’inscrit dans le cadre d’une tournée menée par le coordinateur de l’action partisane du parti El Insaf à travers les différentes wilayas du pays. L’étape du Brakna a ainsi donné lieu à des positions politiques favorables à la poursuite de la trajectoire suivie par le chef de l’État depuis son accession au pouvoir.

Un bilan salué… et un appel à poursuivre la trajectoire

Les signataires du texte, parmi lesquels figure le président de la région du Brakna, Mohamed El Moustapha Mohamed Mahmoud, ont mis en avant ce qu’ils considèrent comme des réalisations accomplies ces dernières années dans plusieurs secteurs, notamment :

Les infrastructures : le désenclavement des zones reculées et l’amélioration du réseau routier.

L’éducation : une mention spécifique du projet de « l’École républicaine », présenté comme l’une des réformes phares.

La gouvernance : la réforme du système des marchés publics et la lutte contre la corruption.

La sécurité : un hommage à l’approche sécuritaire nationale ainsi qu’au rôle des forces armées et de sécurité dans la protection des frontières et le maintien de la stabilité.

Les politiques sociales : l’élargissement de la couverture d’assurance maladie et sociale, ainsi que les programmes de soutien destinés aux catégories vulnérables.

La diplomatie : le renforcement de la présence de la Mauritanie sur les scènes régionale et internationale.

Le texte affirme que ces acquis ne marquent pas « la fin du parcours », mais constituent au contraire la base d’une nouvelle étape appelant à l’achèvement des projets et des réformes en cours, ainsi qu’au renforcement de la justice territoriale entre les différentes régions du pays.

L’appel à une révision constitutionnelle

Le passage le plus controversé de la déclaration réside dans la formulation d’une revendication politique claire : un appel à « procéder à des révisions constitutionnelles, dans le respect des règles et des mécanismes politiques et constitutionnels en vigueur », permettant au président Ghazouani de se présenter à un troisième mandat. Il convient de rappeler que la Constitution mauritanienne actuelle limite le nombre de mandats présidentiels, et que toute ouverture vers un troisième mandat nécessiterait obligatoirement une révision constitutionnelle formelle, devant passer par les institutions compétentes.

Les signataires, qui se sont présentés comme les représentants « de la diversité des composantes et des aspirations de la population de la wilaya du Brakna », ont appelé l’ensemble des « forces vives » de la région — élus, acteurs politiques, économiques et sociaux, jeunes et femmes — à s’engager dans cette dynamique, estimant qu’« une volonté populaire large » s’est constituée autour de la nécessité de poursuivre cette trajectoire.

Un contexte plus large

Cette déclaration s’inscrit dans une série de prises de position similaires émanant de structures partisanes et locales dans plusieurs wilayas du pays, dans le cadre de la tournée menée par le coordinateur de l’action partisane du parti El Insaf, la formation au pouvoir. Ces appels interviennent alors qu’aucune initiative officielle n’a encore été formulée, ni par la présidence ni par les institutions constitutionnelles, concernant une éventuelle révision du plafond des mandats présidentiels — ce qui fait, à ce stade, de la question du troisième mandat une revendication d’origine politique et locale plutôt qu’un processus institutionnel officiellement engagé.

Il reste que toute révision de ce type, si elle venait à franchir des étapes plus avancées, serait susceptible de susciter un débat politique de grande ampleur en Mauritanie, tant la question de la limitation des mandats présidentiels demeure sensible dans l’expérience politique du pays.

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